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Violences faites aux femmes: reçue à Matignon, Muriel Robin en ressort "déçue"

Muriel Robin dans "ONPC"

Muriel Robin dans "ONPC" - Capture d'écran

Instigatrice d'une manifestation à Paris début octobre, Muriel Robin était conviée à Matignon en compagnie de la cinéaste Eva Darlan et de la militante féministe Karine Plassard.

De l'écoute, mais "aucune avancée sur un budget supplémentaire" contre les violences faites aux femmes: après son entretien avec le Premier ministre Edouard Philippe jeudi 13 décembre, la comédienne Muriel Robin a exprimé sa "déception".

Instigatrice d'une manifestation à Paris début octobre, Muriel Robin était conviée à Matignon en compagnie de la cinéaste Eva Darlan et de la militante féministe Karine Plassard.

"On a été écoutées, pendant 1H15, on a partagé un certain nombre de constats sur ce qu'il faudrait faire pour améliorer la situation", a relaté la comédienne, dans une vidéo diffusée sur la page Facebook de la plateforme de pétitions en ligne Change.org.

"Une urgence à agir"

Les trois femmes espéraient un engagement financier du gouvernement, "mais nous n'avons obtenu pour l'instant aucune avancée sur un budget supplémentaire", a-t-elle regretté. A la place, "un grand chantier sur les impayés des pensions alimentaires" leur a été promis par Marlène Schiappa.

La secrétaire d'Etat à l'Egalité entre les femmes et les hommes leur a aussi annoncé "la mise en place d'un groupe de travail avec la garde des sceaux (Nicole Belloubet, ndlr) afin de mesurer la réalité de l'application de la loi", ainsi que "des données concernant par exemple le nombre de plaintes classées sans suite".

Quant à Edouard Philippe, "il a reconnu qu'il y avait une urgence à agir, mais que ça va prendre du temps". "Nous disons que nous ne pouvons plus attendre" et que la lutte contre les violences faites aux femmes "doit être une cause nationale avec l'argent qui va avec", a ajouté Muriel Robin.

L'entretien a donc été pour elle "une déception", même si la comédienne a assuré de sa "détermination (...) pour continuer, pour essayer aussi de trouver d'autres pistes de réflexion". "On est déçues, mais on va y arriver", a-t-elle insisté.

"Nous avons dédié plus d'argent public à cette cause"

Dans une réponse sur Change.org, Edouard Philippe a dit entendre la "colère" et "l'impatience" de ses interlocutrices. "Mais ne sous-estimez pas notre détermination: comme Marlène Schiappa, je sais qu'il y a urgence, et c'est ce qui motive l'action coordonnée de tous nos ministères dans les domaines éducatif, juridique, médical, sportif, économique", assure le Premier ministre.

"Nous avons dédié plus d'argent public à cette cause que les pays les plus souvent cités en exemple", pris des mesures contre le harcèlement et pour l'égalité salariale ou encore lancé une plateforme de signalement opérationnelle 24h/24, plaide-t-il.

"L'égalité entre les femmes et les hommes est un combat au long cours. Mais c'est un de nos combats de tous les jours", assure encore le chef du gouvernement aux plus de 700.000 signataires de la pétition.

J.L. avec AFP