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Un styliste assigne la chanteuse Aya Nakamura devant la justice pour "parasitisme"

L'un des morceaux d'Aya Nakamura a été choisi par Spotify pour représenter la musique française.

L'un des morceaux d'Aya Nakamura a été choisi par Spotify pour représenter la musique française. - Thomas SAMSON / AFP

Le styliste Jyo Jino accuse Aya Nakamura de s'être inspirée, pour des tenues qu'elle porte dans un clip, de son travail sans son consentement.

Un styliste a assigné la chanteuse de R'n'B Aya Nakamura pour "parasitisme" devant le tribunal de Nanterre, l'accusant de s'être inspirée, pour des tenues qu'elle porte dans un clip, de son travail sans son consentement, a-t-on appris mercredi auprès de l'avocat du demandeur.

L'assignation lancée par Kyo Jino est parvenue mardi à l'interprète du tube Djadja via son tourneur Totem Production, dont le siège est à Clamart (Hauts-de-Seine), a précisé à l'AFP Me Jean-Marc Descoubès.

Le styliste parisien de 23 ans, qui dit travailler régulièrement avec des chanteurs en vogue comme la rappeuse Shay ou encore l'ex-candidat français à l'Eurovision Bilal Hassani, accuse l'artiste malienne d'avoir "repris" l'idée de modèles qu'il lui avait présentés quelques mois auparavant, notamment deux robes et une fourrure, selon l'assignation dont l'AFP a obtenu copie.

"L'attitude inconvenante de l'artiste"

Il lui avait transmis en décembre dernier un moodboard (ou planche de tendances) présentant plusieurs tenues auxquelles "il avait réfléchi pour elle". Une séance photo avait ensuite été organisée avec Aya Nakamura, la chanteuse posant dans des créations de Kyo Jino.

Mais "quelle ne fut pas la surprise" de Kyo Jino quand il découvre, dans le clip de la chanson Pookie sortie en avril, "que certaines des idées vestimentaires figurant dans son moodboard [...] ainsi que celles créées pour la séance de shooting [...] avaient été purement et simplement reprises par la chanteuse" sans qu'"à aucun moment il n'ait été averti ni consulté", mentionne l'assignation.

"Décontenancé par l'attitude inconvenante de l'artiste", Kyo Jino avait fait part de son "indignation" sur les réseaux sociaux, ce à quoi la chanteuse, qui dément les accusations, avait rétorqué: "Si ce que tu dis est vrai, [...] porte plainte et on verra".

"A défaut d'accord amiable, on va se battre"

Le styliste l'avait alors mis en demeure, via sa maison de production Warner Music France, de lui payer 50.000 euros en réparation du "préjudice subi du fait de la spoliation de son travail", ce à quoi le producteur avait opposé une fin de non-recevoir, estimant la demande infondée.

Sur Twitter, la chanteuse de 24 ans avait notamment fait valoir que "les idées appartiennent à ceux qui les réalisent". Mais pour Kyo Jino, de son vrai nom Ibrahim Coulibaly, "les idées appartiennent à ceux qui les ont eues" et "exploiter l''idée' de quelqu'un d'autre, sans son accord et pour en tirer une valeur marchande, est du parasitisme", précise l'assignation.

"A défaut d'accord amiable, on va se battre", a indiqué à l'AFP Me Descoubès. Aya Nakamura - Aya Danioko à la ville - n'a pu être contactée dans l'immédiat. Son label, joint par l'AFP, n'a pas souhaité communiquer.

Jérôme Lachasse avec AFP