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Miss France: la classe politique s'indigne après des tweets antisémites visant Miss Provence

April Benayoum, le soir du concours Miss France 2021

April Benayoum, le soir du concours Miss France 2021 - AFP

Des responsables de tous les bords politiques s'indignent contre les propos antisémites tenus sur les réseaux sociaux à l'encontre d'April Benayoum, 1ère dauphine du concours. La Licra promet des poursuites judiciaires.

Plusieurs élus ont dénoncé dimanche sur Twitter une "abomination" et des propos "inadmissibles" après des tweets antisémites contre Miss Provence, qui a terminé samedi première dauphine du concours Miss France. Notamment le ministre de l'Intérieur Gérald Darmanin, qui annonce que "les services de police et de gendarmerie sont mobilisés":

"Je suis profondément choqué par la pluie d’insultes antisémites contre Miss Provence. Nous ne devons rien laisser passer. Honte à leurs auteurs. Les services de police et de gendarmerie sont mobilisés."

"La haine antisémite et antisioniste se déploie contre Miss Provence. Insupportable", a affirmé la présidente déléguée des députés LREM, Aurore Bergé. Sa collègue Laetitia Avia qualifie ces messages antisémites d'"inadmissibles": "Soutien à April Benayoum face à la haine antisémite qui sévit sur les réseaux sociaux. Il est temps que ça cesse". Son confrère Pieyre-Alexandre Anglade parle quant à lui d'un déferlement "ignoble" et qui "exige une condamnation unanime".

April Benayoum a été visée depuis samedi par de nombreux commentaires antisémites sur les réseaux sociaux après avoir révélé que son père était d'origine israélienne. Interrogée dimanche sur BFMTV, Amandine Petit, élue Miss France, a jugé "extrêmement décevants" ces "propos déplacés" visant sa dauphine, à qui elle a apporté son "soutien".

La Licra promet des poursuites

"Rendez-vous devant la justice pour les twittos qui hier soir ont transformé Twitter en cloaque antisémite contre Miss Provence", a promis de son côté la Licra, en invitant les internautes à signaler les contenus sur son site afin de mener "une action de groupe". L'union des étudiants juifs de France (UEJF) a elle dénoncé "un concours d'antisémitisme".

À droite, le président LR de la région Paca Renaud Muselier a déploré une "abomination", soulignant qu'April Benayoum est "française, d'origine italienne et israélienne, provençale, du sud" et "représente parfaitement notre région et notre pays".

"Nous devons tous condamner cette haine et combattre cette bête immonde", a affirmé le président de la région LR Grand Est Jean Rottner, tandis que le député LR Eric Ciotti estimait que "le combat contre l'antisémitisme n'est pas terminé".

À gauche, le sénateur PS Rachid Temal a apporté son "soutien" à April Benayoum, accompagné d'une "condamnation de tous ces fachos lâchement anonymes".

"Insupportable antisémitisme. Ne rien laisser passer", a souligné l'ancien Premier ministre Manuel Valls. L'élu RN (et membre du bureau) Julien Odoul a lui estimé que "l'immigration massive et l'absence d'assimilation peuvent donc pourrir un concours de Miss France", tandis que l'eurodéputé Gilbert Collard affirmait que "vraiment, ces sales cons salissent tout!"

TF1 prend la parole

Endemol, TF1 et l'organisation Miss France, qui produisent et diffusent l'élection, ont eux aussi fait part de leur soutien sur Twitter: "condamnent fermement les propos haineux & antisémites proférés hier soir sur les réseaux sociaux à l’encontre d’April Benayoum, Miss Provence. Le racisme & la discrimination sont totalement contraires aux valeurs de la chaine, de la production & de l’émission. Tout notre soutien à Miss Provence, 1ère Dauphine."

"Toute les équipes se joignent à moi pour dénoncer ces propos", a répondu Alexia Laroche-Joubert, présidente d'ALP et ancienne directrice d'Endemol France. "Miss France représente à travers toutes les Miss la richesse de nos diversités et nous en sommes fiers".
B.P. avec AFP