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Après la diffusion de l'interview de son épouse, François Fillon étrille Envoyé Spécial, "émission à charge"

François Fillon lors de sa conférence de presse, le 6 février 2017

François Fillon lors de sa conférence de presse, le 6 février 2017 - Martin Bureau - AFP

Lors de sa conférence de presse, le candidat de la droite et du centre pour l'élection présidentielle est revenu sur le reportage diffusé par l'émission Envoyé Spécial sur son épouse, Penelope Fillon.

Les méthodes des équipes d'Envoyé Spécial n'ont pas été du goût de François Fillon. Lors de la conférence de presse organisé à son QG de campagne, dans le 15ème arrondissement de Paris, le candidat de la droite et du centre est revenu rapidement sur l'émission de France 2 qui a diffusé le 2 février dernier une ancienne interview de sa femme Penelope Fillon. Elle y affirmait alors n'avoir jamais été assistante parlementaire de son mari, dans ce document enregistré en 2007.

François Fillon a d'abord assuré que son épouse, "une femme intelligente, diplômée, responsable" était évidemment "au courant du travail qu’elle effectue" pour lui. "Comment peut-on imaginer un seul instant que mon épouse, qui a collaboré avec moi depuis plus de 30 ans, principalement dans le département de la Sarthe et ma circonscription, puisse l’avoir fait à l’insu de son plein gré? Oui, mon épouse était au courant. Oui, mon épouse est ma collaboratrice", a-t-il asséné.

La journaliste britannique "choquée" par l'utilisation de son interview ?

Au détour de son explication, François Fillon a alors fait allusion à l'interview accordée par son épouse au quotidien britannique Sunday Telegraph en 2007 et exhumée il y a quatre jours par France 2. Il assure que cette déclaration a "été reprise dans une émission à charge où on a sciemment pris des morceaux de phrases, retirés de leur contexte".

"Je rappelle que c’est une émission en langue anglaise qui s’intéressait à un public anglais, poursuit François Fillon. Au fond, le sujet de l’interview était: "Je ne serai pas Cherie Blair". Cette journaliste qui a accompli cette interview (Kim Willsher, NDLR) s’est manifestée personnellement auprès de mon épouse pour lui dire à quel point elle était choquée par l'utilisation qui a été faite des morceaux de cette interview."

Après la polémique suscitée par cette interview datant de 2007, la journaliste britannique Kim Willsher avait témoigné dans The Guardian, où elle travaille aujourd'hui, pour raconter les coulisses de son entretien. "Une interview d’apparence inoffensive - et l’élément central de savoir si elle a réellement travaillé pour son mari - est devenue déterminante dans le 'Penelopegate'", écrivait-elle. En revanche, elle assurait sur Twitter que rien dans son article "ne dénonce Envoyé Spécial".

Interrogée par Libération, la journaliste britannique dément les propos tenus par François Fillon lors de sa conférence de presse et assure n'avoir jamais cherché à joindre Penelope Fillon dont elle "n'a pas le numéro de téléphone". "La journaliste anglaise a envoyé un mail à Penelope Fillon pour lui dire qu'elle était désolée des conséquences de cette interview" précisent nos confrères. Une version confirmée par Elise Lucet, la présentatrice d'Envoyé Spécial sur France 2, dans un message posté sur Twitter.