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Baby, la nouvelle série Netflix, accusée de "promouvoir le trafic sexuel"

Ludovica et Chiara, les deux héroïnes de "Baby"

Ludovica et Chiara, les deux héroïnes de "Baby" - Francesco Berardinelli - Netflix

Une ONG américaine reproche à Baby, la nouvelle série Netflix, de glamouriser la prostitution.

La nouvelle série de Netflix, en ligne depuis le 30 novembre, est déjà sous le feu des critiques. Baby, drame italien en six épisodes dans lequel deux lycéennes s'aventurent un peu trop loin dans le monde de la nuit, est accusée de "rendre glamour" et de "banaliser" le trafic sexuel.

Le Centre national de lutte contre l'exploitation sexuelle, organisation américaine à but non-lucratif, a publié un communiqué jeudi, la veille de la diffusion de la série:

"Le programme présente une bande d'adolescents qui se lancent dans la prostitution, dans une histoire de passage à l'âge adulte rendue glamour", accuse l'organisation.

Elle rappelle que "selon les lois internationales et la loi fédérale des États-Unis, quiconque se retrouve mêlé à des échanges commerciaux sexuels en-dessous de 18 ans est considéré comme victime de trafic sexuel". Et estime que Baby "normalise les abus sexuels sur enfants et le trafic sexuel de mineurs comme de la prostitution".

"Netflix semble faire la sourde oreille"

Le Centre avait déjà envoyé une lettre à Netflix en janvier, appuyée par 55 anciennes victimes ou experts sur le sujet. Aujourd'hui, la directrice du Centre Dawn Hawkins accuse directement la plateforme:

"Netflix semble faire la sourde oreille concernant les réalités de l'exploitation sexuelle. Malgré le message de survivantes du trafic sexuel, d'experts sur le sujets et d'acteurs des services sociaux, Netflix promeut le trafic sexuel en insistant pour diffuser Baby. Clairement, Netflix privilégie les profits au lieu des victimes." La plateforme n'a pas encore réagi.

Nouvelle polémique

Chiara et Ludovica, les deux héroïnes de Baby, décident de tromper leur ennui adolescent en fréquentant les boîtes de nuit de Rome. Elles y font de mauvaises rencontres qui les mènent à échanger des faveurs sexuelles contre de l'argent. Une intrigue inspirée librement du (vrai) scandale Baby Squillo, qui a secoué l'Italie entre 2013 et 2014.

Ce n'est pas la première fois qu'une série Netflix suscite la controverse avec l'un de ses programmes mettant en scène des adolescents. Depuis la première saison de 13 Reasons Why, dans laquelle une lycéenne se donne la mort et revient hanter ses camarades par le biais de cassettes pré-enregistrées, plusieurs voix se sont élevées pour questionner l'impact de la série sur ses jeunes téléspectateurs

Benjamin Pierret