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L'ancienne patronne des Grammy Awards Deborah Dugan porte plainte pour harcèlement et discrimination

Deborah Dugan, le 20 novembre 2019

Deborah Dugan, le 20 novembre 2019 - Angela Weiss - AFP

Placée en congé administratif de l'Académie des arts et sciences de l'enregistrement, organisatrice des Grammy Awards, l'ancienne patronne de la cérémonie dit avoir été victime de harcèlement sexuel et pointe du doigt des conflits d'intérêts au sein de l'organisation.

L'ancienne patronne de l'Académie des arts et sciences de l'enregistrement, organisatrice des Grammy Awards, a porté plainte mardi contre l'institution qui vient de la suspendre de ses fonctions, assurant qu'il s'agissait de mesures de rétorsion à son encontre pour avoir dénoncé diverses malversations le mois dernier. 

Dans la plainte de 44 pages qu'elle a déposée à Los Angeles auprès de la Commission pour l'égalité des chances professionnelles, Deborah Dugan détaille ses accusations qui vont du harcèlement sexuel au conflit d'intérêts en passant par des irrégularités dans les votes pour les Grammy Awards

Accusation de harcèlement sexuel

La PDG de la Recording Academy, qui regroupe les professionnels de l'industrie musicale, affirme notamment avoir été victime de harcèlement sexuel de la part de Joel Katz, un des avocats de l'organisation. Selon le texte de la plainte, Deborah Dugan avait envoyé un e-mail à la direction des ressources humaines le 22 décembre pour l'en informer.

Par la voix de son avocat, Joel Katz a "catégoriquement démenti" ces accusations auprès de l'AFP, évoquant dans un communiqué un "dîner de travail" dans un restaurant, "deux mois et demi avant que Mme Dugan ne prenne ses fonctions".

"Mentalité de boys club"

L'e-mail envoyé à sa direction par Deborah Dugan "faisait également état de conflits d'intérêts flagrants, de transactions litigieuses de la part des membres du conseil d'administration et d'irrégularités concernant les votes pour les nominations aux Grammy Awards", assure la plainte déposée mardi. "Tout ceci a été rendu possible par la mentalité de boys club" qui prévaut selon Deborah Dugan à la Recording Academy.

La présidente de l'Académie du disque dit par ailleurs dans sa plainte avoir subi des pressions pour embaucher comme consultant son prédécesseur, Neil Portnow, alors que des allégations de viol circulaient à son sujet au sein de l'organisation, "raison réelle pour laquelle son contrat n'avait pas été renouvelé". 

Accusée de "mauvaise conduite"

Première femme à diriger l'Académie, Deborah Dugan assure que c'est par mesure de rétorsion qu'elle a été placée en "congé administratif" à la suite d'accusations de "mauvaise conduite". Elle a été remplacée par Harvey Mason Jr., patron des Grammy awards par intérim

Sollicitée par l'AFP, la Recording Academy a démenti dans un communiqué ses accusations, regrettant qu'elles jettent le discrédit sur la cérémonie des Grammy Awards qui doit se tenir dimanche à Los Angeles.

"Il est étrange que Mme Dugan n'ait jamais évoqué ces graves allégations avant les accusations portées personnellement contre elle par une employée", écrit l'Académie. Cette employée "affirme que Mme Dugan avait créé un environnement de travail 'toxique et intolérable' et avait adopté 'un comportement fait d'abus et de harcèlement'", poursuit le communiqué.

Une enquête indépendante a été ouverte sur ces faits et les accusations de Deborah Dugan.

B.P. avec AFP