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Doc Gynéco, de retour avec l’album 1000%: "Il faut s’arrêter de courir comme ça"

À 43 ans, Doc Gynéco réinvestit les bacs avec un nouvel opus. Un retour 10 ans après son dernier album, pour renouer avec son public et oublier les années difficiles.

Voix traînante, bonnet vissé sur la tête et sourire extra-large: malgré les années, Doc Gynéco n’a rien perdu de son aura. À 43 ans, celui qui a connu un succès fulgurant dans les années 1990 affiche la même gouaille dans le quartier de Porte de la Chapelle (Paris XVIIIe), là où tout a commencé pour lui. Un quartier qu’il n’a jamais quitté, et où il a une nouvelle fois puisé son inspiration pour son nouvel album.

Car 10 ans après l’échec commercial de Peace Maker, son dernier album sorti en 2008, Doc Gynéco réinvestit les bacs ce vendredi. Le rappeur, Bruno Beausir de son prénom, revient avec 1000%, un opus porté par le titre Ça va aller, dévoilé en juin dernier. Signe d’une longévité d'un genre musical dont il se félicite aujourd’hui :

"On n’a jamais cru que la musique hip-hop serait elle-même quelque chose qui durerait", se souvient-il. "On pensait que c’était réservé à nous, aux gens d’en bas. Que c’était notre moyen d’expression, et que c’était notre musique à nous pour vivre, danser et s’amuser."

"Pause syndicale" après une pause forcée

1000% invite à ralentir un peu et à profiter de la vie: "Il faut s’arrêter, à un moment, de courir comme ça. Ou tu vas faire un AVC, ou tu vas te rendre malade (…). On ne peut pas vivre si on fait pas la pause syndicale."

La pause, justement, Doc Gynéco l’a connue. Après l’âge d’or de Première consultation et de Liaisons Dangereuses, ses deux premiers albums sortis en 1996 et 1998, le rappeur a dérouté son public en 2007, en affichant son soutien à Sarkozy (un détour politique qu’il considère aujourd’hui comme sa "plus grosse erreur").

En parallèle, ses disques se vendent moins bien, et ses tentatives scéniques ne convainquent pas. En 2016, il tente de remonter sur scène… et fait l’objet de vives critiques: ses fans, venus nombreux, qualifient le concert de "triste", "honteux" ou "gênant". Selon eux, le chanteur visiblement éméché chantait à peine ses chansons.

Nouveau départ

Une page écornée qui semble tournée avec 2018. L'année s'annonce chargée: le rappeur retrouve ses anciens camarades du Secteur Ä pour une tournée. Et avec son nouvel opus, enregistré en Côte d'Ivoire, il signe un album fait de bonnes ondes, des morceaux entraînants, des mélodies zouk, de titres bien plus chantés que rappés. Un disque tendre qui respire le soleil. Et Doc Gynéco, toujours aussi détendu, refuse de se laisser inquiéter par les futurs chiffres de vente:

"Moi, tous les chiffres, je les prends et j’en fais des lettres. Donc je suis un très grand mathématicien", lâche-t-il dans un rire.

B.P. avec Nicolas Béart