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Le testament de Carrie Fisher à la princesse Leia

En 2013, la comédienne, disparue ce mardi 27 décembre, avait écrit une lettre émouvante à celle qu'elle incarnait dans la saga Star Wars.

Un testament qui prend aujourd'hui un goût amer. Après la disparition de l'actrice Carrie Fisher, morte à l'âge de 60 ans des suites d'une crise cardiaque ce mardi 27 décembre, sa lettre écrite à la princesse Leia en 2013 refait aujourd'hui surface, notamment par l'intermédiaire du Point. Il y a trois ans, la comédienne américaine avait écrit une longue missive en forme de testament à l'héroïne qu'elle avait incarnée pour la première fois en 1977 dans La Guerre des Etoiles de George Lucas.

Drôle, émouvante et touchante, cette lettre adressée à son double mythique de cinéma était aussi tribune en guise de déclaration d'amour et l'occasion de faire son auto-critique.

"Vous agissez toujours en héroïne; je la sniffe"

"Chère princesse Leia", écrivait-elle, je ne voudrais pas être présomptueuse en vous appelant Leia tout court, ça impliquerait une familiarité dont je ne souhaite pas présumer. (...) J'ai passé près des deux tiers de ma vie à traverser des galaxies dans ces putains de bottes en cuir blanc. J'ai même essayé de répondre de vos actions, d'expliquer les motifs éventuels de choix que l'une de nous n'a pas su faire. Mais alors qu'on se souviendra éternellement de vous flânant dans des paysages infestés d'étoiles, vivant pour toujours dans les imaginations et sur les écrans, je végète bruyamment dans ce tristement célèbre placard des célébrités - à grossir, prendre des rides, me voûter et m'abêtir avec l'âge."

Celle qui reprit finalement son rôle de Leia dans Star War VII: le Réveil de la Force en 2015 et sera dans le prochain volet, attendu pour décembre 2017, poursuit: "Nous voilà dans notre propre tableau à la Dorian Gray. Vous: douce, sûre de vous et droite dans vos bottes, condamnée pour toujours à la grande et enviable prison de l'aventure intergalactique. Moi: luttant de plus en plus contre le syndrome de stress post-galactique, portant vos cicatrices, grisonnant vos cheveux éternellement noirs et ridicules. Tandis que vous combattez le côté obscur avec vos manières légères et lumineuses, je suis dans la fosse du Sarlacc, couverte par les sucs organiques infâmes de Jabba."

"Vous agissez toujours en héroïne; je la sniffe, dans une piètre tentative d'atténuer l'éclat de votre frénétique cinéma intergalactique, écrivait-elle. Vous récoltez la gloire ; je cède à la vieillesse."

"Moi, je prendrai fin. J'en suis assez certaine"

L'inoubliable interprète de la princesse Leia, dont la carrière ne se résume pas à ce rôle, témoignait: "Cela prendra-t-il fin un jour? Probablement pas, mais, moi, je prendrai fin. J'en suis assez certaine. Mes suites s'arrêteront fort heureusement enfin, tandis que les vôtres délimiteront et engloutiront une ère."

Carrie Fisher, qui décrivait sa destinée "dérisoire et décevante, rongée par la commisération, vieille et surexposée, rendue triste et hors de propos en comparaison avec les aventures riches et ininterrompues de son homologue", concluait alors: "Notre Aldérande, envolez-vous avec nous, mais où que vous alliez - au-dessus de la colline ou de cette fichue Cité des nuages, dans le palais de Jabba ou aux urgences, en haut, en bas ou à travers -, faites de votre mieux pour faire ce que je fais: faites en sorte de profiter du voyage. Laissez tomber la coiffure, mais profitez du voyage!". Un voyage qui a pris fin ce 27 décembre pour Carrie Fisher dont la disparition ne cesse de provoquer une vive émotion dans le monde entier. Et sans doute au-delà, dans une galaxie lointaine, très lointaine.