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Jérôme Commandeur de retour sur scène : "On peut rire de tout mais il faut toujours prévenir"

Jérôme Commandeur lors de la 41ème cérémonie des César en 2016 au Théâtre du Châtelet

Jérôme Commandeur lors de la 41ème cérémonie des César en 2016 au Théâtre du Châtelet - Patrick Kovarik - AFP

Avec Tout en douceur, qu'il joue à la Gaîté-Montparnasse, l'humoriste de 41 ans renoue avec la scène dans une caustique critique du quotidien.

Après une pause de cinq ans consacrée au cinéma et à la radio, Jérôme Commandeur renoue avec le one-man-show. Dans son nouveau spectacle, critique hilarante du quotidien ironiquement intitulée Tout en douceur, le comédien se trouve de nouvelles cibles : les émissions de "home staging" qui mettent en valeur des biens à vendre, les anonymes qui s'érigent en critiques de cinéma sur internet, ou encore la mauvaise image, injuste fait-il croire, de la Corée du Nord.

Le spectacle, qui se joue au théâtre de la Gaîté-Montparnasse (Paris XIV), n'est pas dénué d'autodérision: Jérôme Commandeur se moque de ses propres crises d'anorexie à force d'enchaîner les régimes et propose au public de l'aider à organiser son enterrement.

Plus caustique que jamais, il se lance dans une diatribe drolatique des obsèques, étendu dans un véritable cercueil motorisé. L'inventaire des morceaux de musique pour des funérailles réussie, du plus sinistre adagio au disco assumé, est hilarant.

"Prévenir" le public

"On peut rire de tout mais il faut toujours prévenir et enrober. On peut ainsi aller très loin", confie-t-il à l'AFP. Ainsi, avant chaque saillie politiquement incorrecte, l'humoriste tient à alerter ses spectateurs les plus sensibles, comme lorsqu'il fait une plongée ironique au coeur des Vosges en commentant l'affaire Grégory.

Cultivant l'art très maîtrisé de la digression pour mieux rebondir, il s'en prend également aux monomaniaques (atteints par une obsession limitée à un seul sujet), ceux qui pensent que "c'était mieux avant" ou à ceux qui osent se plaindre de vacances au Maghreb à vil prix.

"Tout ce que je raconte sur scène, je l'ai vécu ou ressenti, des situations qui m'ont agacé ou choqué", explique l'acteur de 41 ans.

Une certaine photographie de l'époque

"Je propose une certaine photographie de l'époque, un peu comme un journaliste retranscrivant la société par le prisme de l'humour", poursuit l'humoriste qui dans l'affiche du spectacle apparaît avec un regard faussement attendrissant, lové dans un épais pull en mohair.

Révélé en 1997 dans Graines de star, le télé-crochet de M6, Jérôme Commandeur joue aussi sur son sens inné de l'imitation en incarnant de personnages truculents.

"J'ai commencé au lycée en imitant mes profs", se souvient celui qui sévit aussi en direct du lundi au vendredi sur Europe 1 à 7H25 avec une capsule décapante de trois minutes. 

Dans un esprit pince sans rire, Jérôme Commandeur fait commenter l'actualité par des personnages fictifs, comme au lendemain de la réélection de Vladimir Poutine: il imagine à l'antenne un spot publicitaire russe pour des housses destinées à faire disparaître les corps des opposants empoisonnés. "Je me lève tôt malgré mon spectacle qui s'achève tard, mais l'exercice est jouissif", assure-t-il.

Télévision, cinéma, théâtre

C'est dans Graines de star, le télé-crochet de M6, que Jérôme Commandeur est révélé au public en 1997. Dany Boon devient plus tard son parrain artistique, produisant un premier spectacle et lui confiant des rôles dans Bienvenue chez les Ch'tis et Rien à déclarer.

En 2015, Jérôme Commandeur est passé de l'autre côté de la caméra en réalisant son premier long métrage, Ma Famille t'adore déjà (500.000 entrées) avec Marie-Anne Chazel et Thierry Lhermitte réunis dans un savoureux règlement de comptes entre Versaillais en vacances à L'Île de Ré. Deux ans plus tard, l'Académie des César a choisi l'humoriste tout en bonhomie et malice comme maître de cérémonie.

Après la Gaîté Montparnasse et le Casino de Paris en avril, Jérôme Commandeur, en tournée de janvier à mai 2019, sera bientôt à l'affiche de l'adaptation au cinéma des aventures de Gaston Lagaffe. Valérie Lemercier a également enrôlé l'humoriste pour un biopic inspiré de la vie de Céline Dion. Michel Denisot lui confiera le rôle du producteur d'un journal de 20 heures dans un film satirique sur l'univers de la TV.

B.P. avec AFP