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Isabelle Huppert estime qu'il faut mieux "protéger économiquement" les actrices

Isabelle Huppert en octobre 2019

Isabelle Huppert en octobre 2019 - Dimitrios Kambouris - GETTY IMAGES NORTH AMERICA - AFP

L'actrice française, en Birmanie à l'occasion du festival du film MEMORY!, évoque dans un entretien l'industrie française du cinéma, une nouvelle fois secouée par des affaires d'abus sexuels.

De passage en Birmanie à l'occasion du festival du film MEMORY!, Isabelle Huppert s'est confié samedi dans un entretien à l'Agence France-Presse (AFP). Elle y évoque notamment l'industrie française du cinéma, une nouvelle fois secouée par des affaires d'abus sexuels, et qui devrait mieux "protéger économiquement" les femmes selon elle.

Ces affaires d'abus sexuels ont poussé le gouvernement français à annoncer plusieurs mesures cette semaine, afin de lutter contre les violences sexuelles dans le cinéma. L'actrice française Adèle Haenel a récemment accusé le réalisateur Christophe Ruggia d'"attouchements" et de "harcèlement" quand elle était adolescente, tandis que Roman Polanski est visé par une nouvelle accusation de viol de la part de la photographe française Valentine Monnier, qui dit avoir été battue et violée par le cinéaste en 1975 à l'âge de 18 ans. 

"Les femmes ont toujours été discriminées"

Interrogée sur la façon dont l'industrie française du cinéma pourrait mieux protéger les femmes, Isabelle Huppert a répondu:

"Elle peut commencer par les protéger économiquement, déjà. Ca, c'est un bon début, une bonne approche. Mais ce n'est pas que dans le cinéma, c'est dans tous les domaines. Les femmes ont toujours été discriminées".

Quant à boycotter le dernier film de Roman Polanski, J'accuse, elle s'est prononcée par la négative. "Boycotter? Non, je ne pense pas. C'est un problème qui est très très compliqué", a-t-elle dit, ne souhaitant pas s'exprimer plus sur ce sujet.

"Pratiquement tous mes films parlent de la condition féminine"

Isabelle Huppert a ouvert vendredi le festival du film MEMORY! dans le plus vieux cinéma de Rangoun, récemment restauré. L'événement a débuté par la projection de La cérémonie (1995), de Claude Chabrol, dans lequel elle joue.

Récompensée en 2017 d'un Golden Globe pour son rôle d'une femme violée dans Elle, de Paul Verhoeven, pour lequel elle a raté de peu l'Oscar, Huppert a joué dans plus de 120 films, dont huit seront visionnés au festival. "Pratiquement tous mes films parlent de la condition féminine, de ce que ça veut dire d'être une femme qui se bat pour survivre", a-t-elle expliqué.

"J'ai toujours été attirée par des personnages de femmes qui sont au centre (...) des femmes qui se révoltent, qui se libèrent, féministes. Je dirais que j'ai toujours été féministe sans le savoir", a-t-elle ajouté, appelant les femmes birmanes voulant travailler dans le cinéma à se lancer et croire en elles-mêmes, car "il faut déjà franchir tellement d'obstacles dans la vie qu'il ne faut pas s'en créer à soi-même".

Le festival birman MEMORY! en est à sa septième édition et présente cette année 70 films, dont des classiques birmans restaurés.

N.B. avec AFP