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Gilets jaunes: I Muvrini chante Fin du monde et fin de mois

Le groupe corse I Muvrini, en juillet 2018 à Ajaccio.

Le groupe corse I Muvrini, en juillet 2018 à Ajaccio. - Pascal Pochard-Casabianca - AFP

Le groupe corse a écrit une chanson en hommage aux gilets jaunes, intitulée Fin du monde et fins de mois, diffusée sur Youtube depuis le 13 décembre.

"Le père Noël a le coeur lacrymogène": I Muvrini, le plus réputé des groupes de polyphonies corses, a apporté son soutien aux gilets jaunes avec une chanson baptisée "Fin du monde et fin de mois" appelant à la non-violence.

"Ca serait non assistance à société en danger que de ne pas chanter", a déclaré jeudi à l'AFP Jean-François Bernardini, auteur-compositeur-interprète du groupe, en assurant vouloir "être au côté du peuple qui souffre et a droit à mieux".

La chanson s'ouvre sur une mélodie au piano couverte par des voix qui scandent "Mantes-la-Jolie, on n'oublie pas". Le clip vidéo associé montre les images des quelques 151 jeunes de 12 à 21 ans interpellés début décembre près d'un lycée de Mantes-la-Jolie (Yvelines), après des incidents. La vidéo de leur arrestation, genoux au sol et mains sur la tête, avait provoqué un tollé.

"Flashballs et humiliation"

"Ce n'est pas avec les flashballs et l'humiliation qu'on transmet les valeurs de la République", s'est indigné Jean-François Bernardini, espérant que sa chanson soit "aussi une alerte sur la violence", qui peut être "catastrophique": "L'élan du peuple ne doit pas être destructeur".

"Cette année, le père Noël à le coeur lacrymogène, pour des millions d'oubliés, les fractures républicaines", chante-t-il.

Dans sa chanson écrite en français, le fondateur avec son frère Alain d'I Muvrini ("Les Mouflons" en corse), se demande si le père Noël enfilera un gilet jaune en descendant sur terre et lance "fin du monde et fin de mois, même combat", alors que des voix de manifestants se font entendre. La formule qui a beaucoup circulé, est de Nicolas Hulot. L'ancien ministre de l'Environnement avait ainsi déclaré dans un entretien à Libération: "«Il faut combiner les problèmes de fin de mois avec les problèmes de fin du monde."

"Qui mettra dans nos souliers la justice pour nos étrennes ?", reprend Jean-François Bernardini.

"Evitons le piège de la violence"

A la fin du clip, le texte d'un discours de Jean Jaurès datant du 19 juin 1906 sur "la violence de l'ouvrier" face à la "responsabilité profonde" des "grands capitalistes" défile à l'écran, avec en fond un père Noël de dos, en gilet jaune, sous la pluie.

Le groupe donne ensuite ses propres conseils: "Pour ne pas devenir 'utile au système', évitons le piège de la violence", écrit-il sur l'écran de son clip en appelant chacun, "citoyens, gouvernants, policiers", à "adopter les stratégies du combat non-violent".

Le clip, posté le 13 décembre sur YouTube, avait été vu plus de 25.700 fois jeudi midi.

M. R. avec AFP