BFMTV

"Framing Britney Spears": un documentaire sur le régime de tutelle qui l'oppose à son père

Britney Spears, le 15 juillet 2015

Britney Spears, le 15 juillet 2015 - Jason Merritt - Getty - AFP

Un documentaire du New York Times revient sur les déboires judiciaires de la star, dont la fortune est cogérée par son père depuis sa descente aux enfers du milieu des années 2000.

Alors que la controverse se poursuit autour de l'accord judiciaire empêchant Britney Spears de gérer ses propres affaires, un documentaire du quotidien New York Times sonde le récit médiatique autour de la vie de la chanteuse.

Intitulé Framing Britney Spears, le film met l'accent sur le rôle des paparazzis et de la presse à scandale au début des années 2000 dans la chute de la chanteuse dont l'image a longtemps été celle d'une princesse blonde, ingénue, au succès retentissant, et dont les déboires ont longtemps alimenté la presse people. Il est diffusé aux États-Unis sur la chaîne FX et la plateforme Hulu.

Accord vieux de 12 ans

Aujourd'hui âgée de 39 ans, Britney Spears vit sous les termes stricts d'un accord décidé en 2008 par un tribunal de Californie au moment de sa très médiatique descente aux enfers. Comparable à un régime de tutelle, il stipule que les décisions concernant la superstar sont prises par son père, Jamie.

Si les raisons exactes d'une telle décision sont restées sous le sceau de la confidentialité judiciaire, de plus en plus de voix s'élèvent ces dernières années pour interroger sa pertinence.

Émoi des fans

Le mouvement #FreeBritney, ou #LibérezBritney en français, a été monté par des fans qui sont convaincus que la chanteuse est maintenue contre son gré dans l'accord de tutelle.

Les partisans d'une telle hypothèse (que beaucoup, dont Jamie Spears, qualifient de théorie du complot) affirment que Britney Spears envoie des appels à l'aide à travers des messages codés, des émojis, et des tenues, publiés sur son excentrique compte Instagram.

Ils se sentent justifiés dans leur combat après que Britney Spears a exprimé sa reconnaissance et qu'un avocat commis d'office a affirmé à une juge que sa cliente l'avait informé "avoir peur de son père".

Nouvelle audience cette semaine

La juge a décidé de ne pas retirer immédiatement Jamie Spears de son rôle de responsable des affaires de la chanteuse, mais a nommé une entreprise financière comme co-tutrice.

L'icône pop ne cherche pas pour le moment à sortir du régime de tutelle, mais se tourne plutôt vers des professionnels de la question. Britney Spears souhaiterait ainsi que l'entreprise actuellement désignée co-tutrice demeure dans l'accord. La prochaine audience devant un tribunal aura lieu ce jeudi 11 février.

"Cruauté" des médias

Framing Britney Spears utilise les impressionnantes ressources en images d'archives autour de la star pour documenter la période difficile de sa vie, à un moment où la santé mentale n'était pas autant prise au sérieux qu'aujourd'hui par certains médias.

Au cours de sa longue période de dépression qui a fait suite à sa demande de divorce en 2006 avec Kevin Federline, et à la perte de la garde de ses enfants en 2007, on a notamment pu voir Britney Spears pieds nus dans une station service, et conduisant avec un de ses fils sur ses genoux.

Moya Luckett, historienne des médias à l'université de New York, et spécialiste de la culture autour des célébrités, affirme que la "cruauté" subie par Britney Spears de la part des médias est aujourd'hui atténuée pour les autres stars dans un paysage médiatique dominé par les réseaux sociaux.

"Vous devenez votre propre producteur", a affirmé Luckett à l'AFP en prenant pour exemple des chanteuses comme Taylor Swift ou Beyoncé qui maîtrisent le discours autour de leur image sur Instagram, ou à travers des documentaires sur leur vie, qu'elles ont elles-mêmes produits.

B.P. avec AFP