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Fashion Week de Paris: qui peut-on vraiment croiser lors d'un défilé?

Anna Dello Russo fasse à une horde de photographes avant un défilé de la Fashion Week

Anna Dello Russo fasse à une horde de photographes avant un défilé de la Fashion Week - Gabriel Bouys - AFP

Plongée dans le microcosme de la Fashion Week le temps d'un défilé de mode, entre photographes, mannequins, groupes et blogueuses.

Paris. Il est presque 17h et devant un luxueux hôtel particulier de la capitale, une foule de gens se presse sur les marches qui surplombent le bâtiment. Certains ont un carton à la main, d’autres sont encombrés par un sac griffé XXL, d’autres encore portent à bout de bras un appareil photo au zoom surdimensionné.

Quelques badauds qui passent par là observent avec curiosité cette fourmilière multicolore et bruyante où les flash crépitent et les talons claquent le sol. La Fashion Week bat son plein et malgré l’impression de chaos qui s’en dégage, chacun ici a son rôle bien particulier. Décryptage.

Le carton d'invitation, aka le Graal 

S'il est toujours possible d'entrer dans une soirée privée sans avoir son nom sur liste, accéder à un défilé sans carton relève du défi - sauf si vous vous appelez Anna Wintour et que votre combo cheveux aux carrés / lunettes noires fait office d'invitation.

Une fois passée la case "Vous-avez-votre-carton-?", l'invité a la lourde tâche de trouver sa place, qui définit par la même occasion sa position dans la chaîne alimentaire de la planète mode. Starlettes installées au premier rang, journalistes prêts à prendre des notes au second, stagiaires coincés debout contre un mur au fond: peu importe au final, l'important c'est d'y être.

Des photographes déchaînés

Les lumières baissent, la musique démarre: dans la salle, c'est le silence. Ou presque. Les photographes, eux, sont déchaînés. Installés en face du podium et empilés les uns sur les autres, ils hurlent. Sur le confrère qui prend trop de place, sur les spectateurs qui gâchent la vue avec leur iPhone tendu à bout de bras, sur les mannequins qui vont trop vite, sur les gens qui hurlent. Les photographes de défilés sont tout simplement terrifiants.

Au-dehors, ce sont les photographes street-style qui se battent pour obtenir la plus belle photo de look. Une fourrure fluo, des escarpins vertigineux, un people à la tenue extravagante: rien ne leur échappe.

"C’est une question d’instinct", nous indique l’un d’entre eux quand on lui demande comment dénicher le bon détail au milieu de la centaine de personnes qui affluent autour du lieu du show.

"Il faut savoir faire la différence entre quelqu’un de vraiment stylé, et quelqu’un de déguisé", explique un autre avant de s’échapper: il a repéré la rédactrice en chef du Vogue Japon enveloppée dans une veste flashy et compte bien lui tirer le portrait.

Blogueuses et mannequins, ces nouvelles rock stars

Un peu plus loin, les smartphones ont remplacé les téléobjectifs. "On est là pour voir Kendall", expliquent en chœur une bande d’adolescentes qui attendent à la sortie du show Balmain .

Les jeunes filles n’ont pas hésité à sécher les cours afin de patienter durant des heures devant les grilles de l'hôtel, dans l’espoir d’apercevoir les mannequins Kendall Jenner, Gigi Hadid, Karlie Kloss ou encore Rosie Huntington-Whiteley.

Sweats noués autour des hanches et baskets aux pieds, elles courent en troupeau après chaque voiture qui passe et interpellent chaque visage plus ou moins connu, devant des policiers interloqués qui tentent tant bien que mal de maintenir l’ordre. 

A quelques mètres de là, un autre genre de célébrités fait son petit effet. Elles sont grandes, elles ont les jambes nues même en plein hiver et elles commentent chaque pièce de la collection sur Instagram: les blogueuses ont aujourd’hui leur place au premier rang des défilés les plus prisés – et leur horde de fans prêts à tout pour obtenir un selfie.

"Quand elle est à Paris, je surveille tout ce que fait Kristina sur Snapchat pour pouvoir être au même endroit qu’elle au même moment", confie Stan, un lycéen fan de Kristina Bazan aka Kayture. "Je me suis levé super tôt ce matin pour la voir avant le défilé Chloé. Je l’adore", ajoute-t-il, indifférent face aux rédactrices mode influentes qui passent au même moment à côté de lui.

"Les filles qui ont des blogs, c’est à la fois des stars et des copines. Avec Internet, on connait toute leur vie", estime de son côté Sabrina, lycéenne elle aussi. "Elles sont beaucoup plus accessibles et elles disent toujours oui quand on veut prendre une photo avec". 

La blogueuse mode Chiara Ferragni, suivie par plus de 5,6 millions de personnes sur Instagram, arrive peu après. L’effervescence est à son comble et la jeune femme de 28 ans a du mal à se frayer un passage jusqu’au taxi qui l'amènera au prochain défilé. Une vraie rock star.

https://twitter.com/nawalbonnefoy Nawal Bonnefoy Journaliste people, culture et mode BFMTV