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The Willoughbys, un film Netflix déjanté dans la lignée de Wes Anderson et Roald Dahl

The Willoughbys, le deuxième film d'animation Netflix

The Willoughbys, le deuxième film d'animation Netflix - Netflix

Le géant du streaming a présenté au Festival d'Annecy les premières images de The Willoughbys, une comédie d’aventure déjantée qui sortira début 2020.

Netflix a profité du festival d’Annecy pour présenter en avant-première plusieurs de ses projets en animation. Le géant du streaming, qui espère décrocher une nomination aux Oscars 2020 avec Klaus (sortie en décembre), a présenté les premières images de The Willoughbys, une comédie d’aventure déjantée prévue pour le printemps 2020.

Adaptation d’un célèbre roman de Loïs Lowry, The Willoughbys est signé Kris Pearn, ancien de chez Aardman et co-réalisateur de L'Île des Miam-nimaux:Tempête de boulettes géantes 2: "Quand j’ai découvert The Willoughbys, cela m’a aussitôt rappelé les comédies absurdes que j’aimais quand j’étais enfant: Matilda de Roald Dahl ou cette série canadienne géniale, Jacob Two-Two de Mordecai Richler."

"Ces livres plongeaient des enfants dans des circonstances peu agréables et ils arrivaient toujours à s’en sortir seuls”, poursuit le réalisateur. “C’était une manière pas du tout sentimentale de regarder l’enfance. Cela me rappelait aussi celle que j’ai eue, qui était un peu particulière, ainsi que celle de mes enfants qui à cause de mon travail dans l’animation ont vécu ici et là et ont développé une véritable indépendance. J’aime l’idée que les enfants puissent être indépendants."
The Willoughbys
The Willoughbys © Netflix

Cette idée est au centre de The Willoughbys. Les quatre protagonistes, Tim, Jane et les jumeaux Barnabé A et B, vivent dans une grande et vieille maison oubliée de tous, située dans une mégalopole de l’hémisphère nord. Dans cette étrange demeure, ils doivent apprendre à vivre sans leurs parents, qui, passionnément amoureux, les délaissent complètement. Lorsqu’un bébé est abandonné au bas de leur maison, les enfants Willoughby découvrent l’existence d’un autre monde plus moderne, moins étriqué.

Drôle et un peu subversif

En voulant confier le nourrisson à l’excentrique Commander Melanoff ("un mélange entre Willy Wonka et Citizen Kane"), les quatre enfants rêvent de mener une vie d’orphelin et élaborent un plan pour se débarrasser de leurs parents: à l’aide d’une fausse brochure de voyage, ils les envoient visiter les endroits les plus dangereux du globe. L’astuce fonctionne, mais les enfants sont pris de remords et se lancent dans une course effrénée pour les sauver… "Je voulais que le film soit drôle, même si c’est un peu subversif par moment", résume Kris Pearn.

Dotés d’un nez extrêmement pointu, d’un corps filandreux et d’une volumineuse tignasse rose, les enfants Willoughby sont des êtres résolument étranges, tout droit sortis d’un cartoon des années 1950. Ils gesticulent dans tous les sens, marchent comme Mister Magoo et ressemblent presque à des clowns. Kris Pearn revendique l’influence du burlesque, des Looney Tunes à La Panthère Rose. L’aîné des Willoughby, Tim (Will Forte), est ainsi à la fois l’héritier de l’inspecteur Clouseau (Peter Sellers) et de l’ex-Monty Python John Cleese: "Il est très prétentieux et en même temps très maladroit", commente le réalisateur. "C’est comme si un corps très burlesque essayait de cohabiter avec un esprit très sérieux, très rigide."

The Willoughbys
The Willoughbys © Netflix

Pour les parents, Kris Pearn a fait appel aux voix de Martin Short (Trois amigos!) et Jane Krakowski (Unbreakable Kimmy Schmidt), deux humoristes qui excellent dans les personnages aussi odieux qu’abrutis: "Les parents doivent être méchants pour que le film fonctionne, mais pas trop sinon ce n’est pas trop drôle. Il fallait donc qu’il aient l’air d’être des enfants un peu bizarres âgés d’une cinquantaine d’années." Connu pour ses diatribes acerbes sur le monde moderne, Ricky Gervais a hérité du rôle du chat, qui commente l’intrigue. Kris Pearn, qui a fait appel à des humoristes de sensibilité et de nationalité différentes, espèrent bien que les doublages étrangers reproduiront cette particularité de la version originale.

Des nuages en barbe à papa

Visuellement, Kris Pearn s’est inspiré de Harold et Maude (1971), Napoleon Dynamite (2004) et Arrested Development (2003-2006). Il a aussi beaucoup regardé la filmographie de Wes Anderson. Il lui a emprunté "les personnages émotifs qui bougent comme dans les cartoons", ainsi que l’un de ses compositeurs fétiches: Mark Mothersbaugh. Les extraits de The Willoughbys diffusés à Annecy utilisaient d'ailleurs comme musique temporaire la bande-originale de Fantastic Mr. Fox.

À Blake Edwards, l’auteur de La Panthère Rose et de The Party, Kris Pearn a également emprunté l’utilisation du cinémascope, de l’écran large comme vecteur de comédie: "J’adore ce genre de mise en scène de comédie où l’on utilise tout l’écran pour faire rire, ces longues prises avec beaucoup d’informations, qui permettent aux spectateurs de voir les gags arriver, comme lorsque l’on voit Kato attendre Peter Sellers dans La Panthère Rose!"

Le réalisateur, qui a travaillé sur plusieurs productions Aardman (Arthur Christmas, Pirates, Shaun le mouton), connaît bien le monde de la stop-motion et a voulu recréer cette sensation en images de synthèse: "Je voulais qu’on ait l’impression que le film a été fait à la main, comme s’il y avait réellement des gens derrière qui tiennent la caméra. Je voulais aussi que les personnages aient l’air de jouets", dit-il en montrant une scène où les nuages ressemblent à de la barbe à papa. Pour les cheveux des Willoughby, il dit s’être inspiré de véritables pelotes de laine - une métaphore du lien familial que le quatuor Willoughby doit renouer. Tout devient, avec ce style, magique et féerique: "C’est un livre pour enfants!"

Jérôme Lachasse