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La France peut-elle remporter une nouvelle Palme d'Or?

Valery Hache - AFP

Valery Hache - AFP - -

Le jury du 69e Festival de Cannes, présidé par George Miller, rendra son verdict ce dimanche soir. Si la France a triomphé l'an passé lors de la cérémonie, pourra-t-il en être de même cette année?

Une Palme d'Or pour Jacques Audiard avec Dheepan. Un prix d'interprétation masculine pour Vincent Lindon. Un prix d'interprétation féminine pour Emmanuelle Bercot pour Mon roi (partagé avec Rooney Mara) Une palme d'honneur pour Agnès Varda. L'an passé, le palmarès du Festival de Cannes avait célébré avec force le cinéma français. Mais en sera-t-il de même pour cette 69e édition qui s'achève ce dimanche? 

Quatre films français faisait partie du cru cannois 2016 (sur 21 films en compétitions officielle). Quatre films qui ont reçu un accueil très différent de la part du public (souvent difficile) et de la critique (toujours impitoyable). Alors que Ken Loach, Asghar Farhadi, Jim Jarmusch, Paul Verhoeven ou Pedro Almodovar ont les faveurs de certains, Bruno Dumont, Olivier Assayas, Nicole Garcia et Alain Guiraudie pourraient-ils espérer décrocher la prestigieuse récompense, que la France a remporté trois fois au cours de ces dix dernières années. Rien n'est moins sûr. En se fiant aux premiers retours de la Croisette sur les long-métrages tricolores en compétition, coup de projecteurs sur les chances de Palmes d'or française.

Ma Loute (60% de chance)

Notre meilleure chance de Palme d'Or cette année semble se trouver entre les mains de Bruno Dumont. Avec Ma Loute, cet habitué du Festival de Cannes (récompensé à de multiples reprises par le passé sur la Croisette) a su séduire une partie du public et des journalistes. Composé d'un casting de stars (Luchini, Binoche, Bruni Tedeschi) et d'acteurs non professionnels, son film burlesque et décalé a été jugé "fascinant" par des titres comme The Guardian, même s'il a aussi divisé des rédactions comme Télérama qui se demande s'il s'agit d'une "farce savoureuse" ou d'une "facétie boursouflée"? Si cette fiction "cartoonesque" ne fait pas l'unanimité, elle a tout de même pour elle de connaître déjà un petit succès en salles, puisqu'elle a rassemblé plus de 150.000 spectateurs en trois jours seulement. Mais aussi sympathique qu'elle soit, cette comédie aura du mal à convaincre George Miller et son jury de lui décerner le plus grand des prix cannois.

Personal Shopper (2% de chance)

Les retrouvailles entre le cinéaste français Olivier Assayas et la comédienne Kristen Stewart en ont dérouté plus d'un. Pour son retour en compétition officielle, le réalisateur de Sils Maria et Carlos signe un long-métrage à base de fantômes, qui aura laissé la presse de marbre (contrairement à la prestation de l'actrice américaine, saluée à l'unanimité). Car au vu des premières critiques, le point fort du film reste bien Kristen Stewart. Point. Car pour le reste malheureusement... Le Figaro décrit Personal Shoper comme un "naufrage embarrassant" quand La Croix parle de "ratage" et évoque "des scènes à la limite du grotesque" ou que Metronews résume le film en ces termes: "abracadabrantesque et gênant". Pour Les Echos, Olivier Assayas "déçoit dans les grandes largeurs" avec ce retour sur la Croisette. Vous l'aurez compris, si Personal Shopper repart avec la Palme d'Or dimanche, le jury aura fort à faire pour défendre son choix... 

Mal de pierres (40 % de chance)

A l'instar de Personal Shopper, c'est la performance de son actrice principale (Marion Cotillard) qui a essentiellement été saluée par la presse à l'issue de la projection du film Mal de pierres de Nicole Garcia. La réalisatrice revient à Cannes en compétition officielle pour la troisième fois (après L'Adversaire et Selon Charlie). Et sa troisième tentative pour décrocher la fameuse Palme d'Or restera sans doute à l'état de tentative. Car si le film a plu dans sa majorité, il n'a pas l'envergure d'une Palme d'Or pour les critiques. Pour The Wrap, Mal de pierres est "loin d'être le plus osé ou le plus vivifiant des films à Cannes cette année". La Croix regrette un long-métrage "trop lisse, trop appliqué" quand Paris Match déplore le côté "policé" et "formaté", loin de "la grande littérature cinématographique." La performance "lumineuse" de Marion Cotillard pourrait toutefois apporté à la France un prix. Mais pour succéder à Dheepan, c'est un autre débat.

Rester Vertical (10% de chance)

A Cannes, les avis sont souvent très (trop?) tranchés. On adore ou on déteste. C'est un peu le sort qu'a connu Alain Guiraudie avec Rester Vertical, premier film de la Quinzaine a être présenté en compétition officielle. Pour La Croix, le long-métrage du réalisateur de L'inconnu du Lac est "vide de propos" et "illustre la vacuité d'un certain cinéma". D'autres se montrent toutefois beaucoup plus enthousiaste comme Première, pour qui Rester Vertical "reste du pur Guiraudie, ça ne ressemble à rien de connu et c’est pour ça que c’est bien". Reste à savoir si cette "fable un peu folle" (selon les Inrocks) et cette "curiosité queer" (selon The Hollywood Reporter) arrivera à convaincre les neufs jurés de ce Cannes 2016. La surprise serait de taille. Mais personne n'attendait non plus Jacques Audiard pour la Palme d'Or précédente. Alors...