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Jean-Luc Godard verrait bien "Marine Le Pen Premier ministre"

Jean-Luc Godard en 2010 à Zurich lors du "Grand Prix Design"

Jean-Luc Godard en 2010 à Zurich lors du "Grand Prix Design" - -

Dans un entretien accordé au "Monde", le cinéaste Jean-Luc Godard déclare avoir espéré que le Front national arrive en tête aux européennes. Pourquoi? "Pour que ça bouge un peu".

Il n’est pas venu chercher son prix au Festival de Cannes. Et ce n’est pas la première fois. Jean-Luc Godard, réalisateur mythique et parfois mystique, brille souvent par son absence. Ou par ses prises de position.

Celui qui est entré au Panthéon des cinéastes a fait une sortie remarquée dans une interview accordée le 27 mai au Monde et publiée mardi. Interrogé sur le succès du Front national aux élections européennes, le réalisateur se dit favorable à une nouvelle vague… mais plutôt de couleur bleu Marine… Extraits.

"Pour que ça bouge un peu"

Que pense Godard de la situation en Europe? Si les journalistes du Monde lui posent la question avec tact, lui, n'y va pas par quatre chemins. "Oui, j'ai mon opinion… J'espérais que le Front national arriverait en tête. Je trouve que Hollande devrait nommer – je l'avais dit à France Inter, mais ils l'ont supprimé [du podcast] – Marine Le Pen Premier ministre".

Une réponse qui peut surprendre de la part d'un lecteur de Libération et Charlie Hebdo (entretien du 21 mai de France Inter). Pourquoi souhaiter l'accession au pouvoir de Marine Le Pen? Jean-Luc Godard s'explique: "Pour que ça bouge un peu. Pour qu'on fasse semblant de bouger, si on ne bouge pas vraiment. Ce qui est mieux que de faire semblant de ne rien faire (rires)".

"Après on la vire"

Dans cet entretien à France Inter datant du mois dernier, Jean-Luc Godard avait déjà effectivement fait part de son "opinion" sur le sujet. La partie polémique ayant été supprimée du podcast, on la retrouve cependant retranscrite par l'hebdomadaire Marianne.

"Beaucoup de peuples perdent leurs caractéristiques, des langues disparaissent… Si c’est ce qu’on veut, il n’y a pas besoin de faire semblant. Autant mettre Marine Le Pen à la présidence de la République. On regarde pendant cinq ans ce qui se passe et puis après on la vire", avait alors suggéré le réalisateur du Mépris, non sans provocation compte tenu de son parcours personnel.

Mélanie Godey