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"C'était incroyablement difficile": comment Robert Pattinson s'est approprié le rôle de Batman

Détail de l'affiche du film "The Batman" avec Robert Pattinson

Détail de l'affiche du film "The Batman" avec Robert Pattinson - Warner Bros.

L'acteur, grand fan des aventures du chevalier noir, rêvait de l'incarner au cinéma. Avant la sortie de "The Batman" le 2 mars, il se confie sur la difficulté de jouer un rôle aussi iconique.

Robert Pattinson, qui incarne Batman dans un nouveau film en salle ce mercredi, s'apprête à surprendre le public. Celui qui s'est imposé depuis Twilight comme l'un des acteurs les plus talentueux de sa génération s'apprête à éclipser Michael Keaton, Christian Bale et Ben Affleck avec une version sombre et tourmentée, voire dépressive du célèbre anti-héros imaginé en 1939 par Bill Finger et Bob Kane. Un aspect de sa personnalité peu exploité au cinéma jusqu’à présent.

Plus proche d'un chanteur grunge que d'un playboy, son Bruce Wayne sera "très vulnérable", confie Robert Pattinson lors d'une interview accordée à BFMTV. "Il me fait penser à Kurt Cobain", renchérit le réalisateur Matt Reeves (Cloverfield, La Planète des singes: Suprématie). "Quand j’ai commencé à écrire le scénario, j'écoutais Something In The Way [de Nirvana] en boucle. C'était exactement l'ambiance du film."

Robert Pattinson n'a pas ressenti la pression qui accompagne traditionnellement un rôle aussi iconique. "J'ai adoré tourner le film", précise l'acteur. "C'était un tournage particulièrement difficile [physiquement], mais je n'ai jamais été particulièrement stressé. Je commence cependant à l’être. Je commence à ressentir les enjeux énormes du film. J’espère vraiment que les gens vont aimer!"

"J’avais tellement envie d’être Batman!"

En tant que vétéran de Harry Potter et Twilight, Pattison sait à quel point les fans peuvent être impitoyables. Mais l'acteur, qui a fait son retour dans l'univers des blockbusters l'année dernière avec Tenet, était si fan de Batman qu'il ne pouvait pas laisser passer l'opportunité de l'incarner: "Je crois que les Batman sont les seuls films que je suis allé voir au cinéma le premier jour de leur sortie - et les seuls que j'attendais avec autant d'impatience. Aucune autre série de films ne m'a jamais fait cet effet."

Encore traumatisé par les critiques reçues à l'époque de Twilight, Robert Pattinson a dû, comme Bruce Wayne, affronter ses démons intérieurs avant d'accepter l'offre d'incarner le chevalier noir: "Mes nerfs me disaient que ce serait quelque chose de très exigeant et de très effrayant à faire, mais j'ai décidé de ne pas les écouter. J’avais tellement envie d’être Batman!"

Si Robert Pattinson se montre anxieux, ses co-stars débordent d'enthousiasme à son égard. "L'idée de choisir Rob pour Batman était très judicieuse", confie Andy Serkis (Alfred). "Matt m'en avait parlé avant de lui proposer le rôle. C'est formidable qu'il ait accepté. Je l’admire depuis des années. Ses choix depuis Twilight ont tous été très intelligents. J’ai pu le voir travailler de près sur le tournage. Son approche du personnage était impressionnante. Il a vraiment puisé au plus profond de lui pour jouer Batman."

Impossible de préparer le rôle

Cette évidence n'est qu'apparente, concède Robert Pattinson. C'est seulement en foulant le Gotham reconstitué dans des studios londoniens que l'acteur, très impressionné par le scénario "complexe" et "brillant" de Matt Reeves, a pu comprendre comment s'approprier son personnage. Et se distinguer de ses illustres prédécesseurs, qui ont privilégié tantôt l'humour (Michael Keaton), le kitsch (George Clooney), le charme (Christian Bale) ou le muscle (Ben Affleck).

"C'est le genre de rôle que personne ne peut vous dire comment préparer. Vous enfilez le costume et vous ressentez comment vous devez le jouer", analyse Robert Pattinson. "C'est impossible à préparer sans être sur le tournage. C'est uniquement en enfilant le costume que j'ai pu comprendre ce que Batman ressent, pourquoi Bruce Wayne a besoin de se masquer pour combattre le crime."

Robert Pattinson a pu également compter sur un conseil unique, mais précieux, de Christian Bale, l'illustre chevalier noir de Christopher Nolan: "Je l'ai rencontré extrêmement brièvement, dans un restaurant, à un urinoir", s'amuse la star de Cosmopolis. "Je ne savais pas qu'il serait là. Il m'a dit que ce serait très difficile pour moi d'aller aux toilettes avec le costume! C'était son unique conseil!"

"Un personnage autodestructeur"

Jusqu'à présent, le cinéma a toujours montré les origines du mythe Batman, en rappelant à chaque film la fameuse séquence de l'assassinat des parents Wayne dans une allée après une projection du film Le Signe de Zorro. The Batman tourne le dos à cette tradition en suivant le personnage au cours de sa deuxième année de super-héros. "Je ne voulais pas raconter une nouvelle fois ses origines. On l'a déjà vu tant de fois que j’ai estimé que ce n’était pas nécessaire", précise Matt Reeves, avant d'ajouter:

"Je voulais le montrer autrement, comme un reclus traumatisé par la mort de ses parents. Les habitants de Gotham pensent qu’il est reclus, qu'il est accro aux drogues. Mais la seule drogue à laquelle il est accro, c'est Batman. Il veut intimider chaque criminel de Gotham pour le faire changer. Il ne le fait pas pour des raisons altruistes, mais pour guérir son traumatisme. Il a ce côté très dangereux. C'est un personnage autodestructeur."

"Bruce est à la recherche de son identité et de son rôle dans la société", complète Dylan Clark, le producteur du film. "Il n’est pas sûr de ce que représentent ses démons intérieurs." Autant de pistes de réflexion qui ont aidé Robert Pattinson à se glisser plus facilement dans la peau d'un personnage pas encore au maximum de ses capacités. Capacités qui sont d'ailleurs mises à rude épreuve dans un film dont l'action se déroule principalement sous une pluie torrentielle.

"Pendant le tournage, le costume était poreux et la cape entièrement mouillée", se souvient Pattinson. "Lors des scènes de combat, j'avais l’impression d’être sous l’eau. Je ne pouvais plus bouger. C'est déjà difficile de donner l’impression d’être le meilleur guerrier au monde, mais le faire avec un costume aussi lourd, tout en essayant de conserver un peu de grâce, c'était incroyablement difficile. C'était l'une des choses les plus difficiles de toute ma vie."
https://twitter.com/J_Lachasse Jérôme Lachasse Journaliste BFMTV