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Une femme à l'Elysée? "Ce sera aux Français d'en décider", déclare Anne Hidalgo

Anne Hidalgo, au ministère de la Fonction publique, le 27 janvier 2021

Anne Hidalgo, au ministère de la Fonction publique, le 27 janvier 2021 - GEOFFROY VAN DER HASSELT © 2019 AFP

La maire de Paris a déclaré ce mercredi que ce sera "aux Français de décider" sur la possibilité de voir une femme à la tête du pays lors des présidentielles en 2022.

Une femme à l'Elysée? "Ce sera aux Français d'en décider", a botté en touche ce mercredi Anne Hidalgo tout en soulignant les "avancées positives pour la société toute entière" de la présence accrue de femmes à des postes de responsabilité.

La maire de Paris, qui avait longtemps répété qu'elle n'avait pas l'intention de briguer l'Elysée en 2022, s'est montrée moins catégorique ces dernières semaines en affirmant qu'elle prendrait "toute sa part" au débat.

Ses déclarations, ainsi que le lancement par ses proches d'une plateforme d'idées en vue de l'élection présidentielle, ont relancé les spéculations autour d'une possible candidature de l'édile socialiste âgée de 61 ans.

L'importance de l'égalité homme-femme

La question lui a une nouvelle fois été posée ce mercredi avant un échange avec la ministre de la Fonction publique, Amélie de Montchalin, concernant l'amende de 90.000 euros infligée à la mairie de Paris pour avoir nommé "trop de femmes directrices".

Cette amende, dont la mairie de Paris va finalement être exemptée, a donné l'occasion à Anne Hidalgo d'insister sur l'importance de l'égalité femmes-hommes dans le public, le privé mais également dans la sphère politique.

À la question de savoir si ce "serait une bonne chose d'avoir plusieurs candidates femmes crédibles" à l'élection présidentielle, elle a répondu: "Ce sera d'abord aux femmes de se décider, ce sera aux Français d'en décider, ce sera aussi aux médias peut-être de porter l'idée que des femmes dans des postes de responsabilité ça change positivement la vie des femmes et des hommes".

"Tout ce qu'on a pu faire avancer ces dernières années à partir justement de cette plus grande présence de femmes dans les lieux de décisions a permis des avancées positives pour la société toute entière et les hommes n'y perdront rien, ils sont d'ailleurs très nombreux à nous accompagner, à soutenir ces politiques-là", a-t-elle ajouté.

"Il faut changer, on est dans des rapports trop brutaux, trop violents (...) et ça passe par la place qu'on réserve à chacun", a-t-elle souligné.

Pas le "sujet aujourd'hui"

Dans ce contexte, sa potentielle entrée en lice ne constituerait-elle pas un bon signal? "Ce n'est pas le sujet aujourd'hui", a glissé la maire de Paris dans un sourire.

L'élection d'une femme à l'Elysée serait une première. Sous la Ve République, seules deux femmes sont parvenues à se hisser au second tour de l'élection présidentielle, Ségolène Royal (PS) en 2007 et Marine Le Pen (RN) en 2017.

Arlette Laguiller (Lutte ouvrière) avait été en 1974 la première femme à s'être présentée à l'élection présidentielle en France.

Selon un sondage Harris Interactive publié début janvier par RTL, 71% des Français jugent "souhaitable qu'une femme soit élue présidente de la République d'ici 2030", 57% estiment la "situation probable".

A.F avec AFP