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Un confinement à Paris? Emmanuel Grégoire tempère et évoque une "hypothèse"

Le premier adjoint d'Anne Hidalgo est revenu ce vendredi lors d'une conférence sur la possibilité de mettre la capitale sous cloche pendant trois semaines. Une mesure qu'il estime plus efficace qu'un confinement limité au week-end.

Confiner les Parisiens pendant trois semaines? Ce n'est finalement pas une proposition mais une "hypothèse". Emmanuel Grégoire, premier adjoint à la mairie de Paris, avait évoqué cette possibilité jeudi soir, suscitant de vives critiques du côté de l'opposition. Le lieutenant d'Anne Hidalgo a rétropédalé ce vendredi matin en conférence de presse, tempérant sérieusement cette idée et précisant la vision de l'exécutif parisien.

"Ça n'a jamais été une proposition"

"Ça n'a jamais été une proposition. J'ai fait trois interventions médiatiques hier soir, ça n'a jamais été une proposition. C'est une hypothèse" (...), "simplement une hypothèse que nous souhaitons mettre sur la table", a martelé Emmanuel Grégoire.

"Nous ne proposons pas de mettre en œuvre le confinement à Paris, d'abord parce que cette décision relèvera de l'exécutif national, mais nous pensons que la politique des demi-mesures, avec des résultats très contestables a une forme de fin de cycle", a-t-il aussi expliqué.

Constatant que "les chiffres ne sont pas bons" et "les tendances encore moins bonnes", Emmanuel Grégoire a toutefois indiqué que la mairie allait "ce week-end travailler sur des propositions", qu'elle entend "mettre en débat", pour endiguer la diffusion du virus. L'idée de limiter le confinement à la capitale n'est par ailleurs pas envisagée, a-t-il nuancé, estimant qu'il faudrait plutôt l'étendre à l'Île-de-France "ou au moins à la zone dense". L'élu promet de faire "un point complet lundi".

"Contre les demi-mesures"

Le premier adjoint d'Anne Hidalgo a toutefois affiché son opposition à la perspective d'un confinement localisé le week-end, option choisie aussi bien dans les Alpes-Maritimes que dans le Dunkerquois ou les Hauts de Flandre.

Emmanuel Grégoire la juge "extrêmement contraignante et trop peu efficace sur le plan sanitaire". D'autant que le confinement le week-end pose "la question de l'acceptabilité, de la soutenabilité, a-t-il noté. Et l'élu d'insister: "On ne peut pas s'engager dans un modèle métro, boulot, dodo".

En attendant que le gouvernement tranche, l'adjoint a évoqué différentes pistes pour contenir l'épidémie. La première: accéler la campagne de vaccination. S'appuyant sur l'exemple du Royaume-Uni ou d'Israël, Emmanuel Grégoire a fustigé "la lenteur" du prcessus en France. "Nous sommes ouverts à la discussion" sur ce sujet, a-t-il admis. Et propose notamment la vaccination prioritaire des enseignants.

"Nous devons nous projeter"

"Nous demandons le renforcement des campagnes de dépistage ciblées", a poursuivi Emmanuel Grégoire, notamment au sein des "établissements scolaires" - que la mairie souhaite voir rester ouverts - et "des entreprises". L'élu demande en outre "un recours obligatoire au télétravail".

En parallèle, "nous devons maintenant nous projeter dans des protocoles de réouverture", s'agissant des métiers de la restauration ou des cafetiers. Cela dans l'optique de "redonner de l’espoir et de la visibilité" après "140 jours de couvre-feu" et des mois de fermeture pour certains professionnels.

De nouvelles mesures sont attendues d'ici au 6 mars prochain si la dégradation des indicateurs se confirme dans 20 départements, a annoncé Jean Castex jeudi soir. Ceux de l'Île-de-France en font partie.

Florian Bouhot Journaliste BFM Régions