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Seine-Saint-Denis: quatre policiers de la CSI condamnés pour "violences", "faux" et "usage de faux"

Ils étaient jugés ce vendredi devant le tribunal de Bobigny pour une intervention qui date de janvier 2020.

Quatre policiers de la CSI de la Seine-Saint-Denis ont été jugés ce vendredi au tribunal de Bobigny pour "violences" et "faux" et "usage de faux". Deux fonctionnaires ont été condamnés à une peine d'un an d'emprisonnement avec sursis et cinq ans d'interdiction d'exercer. Les deux autres ont écopé de quatre mois de prison avec sursis.

Une enquête judiciaire avait été ouverte après une arrestation en janvier 2020. Lors d'une intervention au Blanc-Mesnil, quatre policiers souhaitent contrôler des jeunes. Mais lorsqu'ils descendent de leur véhicule, le groupe se disperse. L'équipage de police tombe alors, dans un hall, sur un jeune. Selon le procès-verbal rédigé et signé par les quatre fonctionnaires, il est "alcoolisé et attend un ami".

Un des fonctionnaires de police le frappe à plusieurs reprises sous les yeux de son chef de groupe et des deux autres policiers qui sécurisent l'extérieur. L'équipage s'en va avant de revenir, quelques minutes plus tard, pour l'interpeller. Sur le procès-verbal, le policier qui a frappé le jeune dit avoir être pris à partie. Ce qui explique pourquoi il s'est débattu et pourquoi la tête de la victime a heurté à plusieurs reprises des boîtes aux lettres.

Les policiers mis sur écoute

La victime rédige alors un signalement sur la plateforme de l'inspection générale de la police nationale (IGPN).

Les policiers sont alors mis sur écoute. Les enregistrements des vestiaires et des véhicules révèlent qu'ils se vantaient de cette arrestation musclée et d'avoir dupé la procédure.

"Le parquet et le tribunal ont besoin de procédures fiables", a déclaré le procureur de la République, lors du procès. "Vous fragilisez le travail du quotidien en mettant le doute. Ces procédures sont minoritaires, mais elles entachent la crédibilité des services de police."

Les policiers, condamnés en première instance, n'avaient jusque-là aucune mention dans leur casier judiciaire. Celui qui est accusé d'avoir frappé le jeune travaillait encore jusqu'ici dans les locaux de la CSI 93. Les trois autres fonctionnaires avaient été mutés.

Raphaël Maillochon avec Solenne Bertrand