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Procès des attentats de janvier 2015: l'ajout de l'audition d'Anne Hidalgo suscite des tensions

La maire de Paris, Anne Hidalgo, le 10 mars 2020 à Paris

La maire de Paris, Anne Hidalgo, le 10 mars 2020 à Paris - Christophe ARCHAMBAULT © 2019 AFP

Plusieurs avocats de la partie civile ont dénoncé une "récupération" et se sont inquiétés de voir ce témoignage "alourdir" un calendrier déjà chargé le 21 septembre, date de l'audition de la maire.

Plusieurs avocats se sont émus mercredi d'un changement de calendrier au procès des attentats de janvier 2015, avec notamment l'ajout de l'audition de la maire de Paris Anne Hidalgo, s'interrogeant sur l'intérêt et la légitimité de son témoignage.

Jusque-là non programmée, l'audition de la maire de Paris a été rajoutée mardi au planning du procès par la cour d'assises spéciale de la capitale, à la demande de Me Patrick Klugman, avocat de SOS racisme et de plusieurs parties civiles. Elle interviendra lundi 21 septembre dans l'après-midi.

"Je suis étonnée que cette question n'ait pas été débattue ici", avant "que ce témoin soit inscrit", a déclaré au début de l'audience l'avocate de l'un des 14 accusés jugés pour leur soutien logistique aux auteurs des attentats. "C'est quand même la maire de Paris, elle est témoin de quoi?".

"Si on entend Mme Hidalgo, entendons M. Hollande"

Un message appuyé par plusieurs avocats de la partie civile qui ont dénoncé une "récupération" et se sont inquiétés de voir ce témoignage "alourdir" un calendrier déjà chargé, la journée du 21 septembre étant consacrée à l'attaque de l'Hyper Cacher par Amédy Coulibaly.

"Si on entend Mme Hidalgo, entendons M. Hollande qui a déclaré qu'il était inutile de laisser une voiture de police devant Charlie", a estimé Me Isabelle Coutant-Peyre, avocate de l'un des principaux accusés, Ali Riza Polat.

Une série de remarques dont le président de la cour, Régis de Jorna, a dit "prendre acte", en précisant avoir accepté l'audition de la maire de Paris en vertu du "pouvoir discrétionnaire" statutairement dévolu au président de la cour d'assises.

"J'ai envoyé un courrier" à Patrick Klugman lui demandant de "préciser les termes dans lesquels ce témoin déposera", a toutefois expliqué Régis de Jorna, en disant vouloir s'assurer que l'audition sera bien en lien avec les attentats.

Juliette Mitoyen avec AFP Journaliste BFM Régions