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Paris: des fédérations de commerçants réclament "des zones protégées" des prochaines manifestations

À l'approche de Noël, des fédérations de commerçants demandent au gouvernement d'empêcher les manifestations de circuler dans les rues les plus commerçantes.

Les commerces parisiens non-essentiels ont pu rouvrir leurs portes samedi. Mais pour certains, situés notamment entre République et Bastille, les recettes de cette journée n'ont pas été à la hauteur de leurs attentes, malgré l'approche de Noël. En cause: la manifestation contre la loi "Sécurité globale", à laquelle ont participé des dizaines de milliers de personnes.

"C'est toujours à République! Il faut trouver un autre endroit qu'à République", témoigne une vendeuse parisienne qui n'a pas eu beaucoup de clients samedi dernier. "Je n'ai pas travaillé jusqu'à 17h, j'ai eu un peu de monde en fin de journée. Mais je ferme à 19h. Donc journée quasiment blanche."

"Jusqu'à 50%" des chiffre d'affaires en moins "à cause des manifestations"

Pour permettre aux commerces de fonctionner en cette période de Noël -et éviter les dégradations qu'ils peuvent parfois subir lors de manifestations- cinq fédérations de commerçants ont lancé un appel au gouvernement. Elles lui demandent d'exclure les commerces des itinéraires des manifestations dans les semaines à venir.

Une manière, selon le président de la Confédération des commerçants de France Francis Palombi, de préserver l'activité des commerçants après un mois de confinement et d'éviter que les clients ne se reportent sur des plateformes de vente en ligne.

"Dans la plupart des commerces des grandes métropoles, la journée a été cassée, explique-t-il sur BFM Paris, ajoutant que des boutiques ont connu samedi une baisse de leur chiffre d'affaires allant "jusqu'à 50% à cause des manifestations."

Francis Palombi plaide ainsi pour "qu'il y ait des zones protégées" des prochaines manifestations, "là où les commerces sont les plus présents". Le président de la Confédération de commerçants de France dit ne pas vouloir revivre une année comme 2019, lorsque selon lui "les gilets jaunes ont foutu en l'air tous les samedis pendant un an". Et ce avant une "fin d'année foutue" en raison des manifestations contre la réforme des retraites.

Des soldes fin janvier?

Les fédérations de commerçants souhaitent également que le gouvernement accepte de repousser les soldes d'hiver, prévus début janvier, à la fin du mois.

"Compte tenu des Black Friday, des promotions, nous souhaitons que les soldes se déroulent à partir de fin janvier 2021, explique Francis Palombi. Mais pas début janvier: ce n'est pas concevable sur le plan sanitaire et sur le plan économique."

Sur ce point, le ministre de l'Économie s'est dit réservé, arguant que le report des soldes d'été n'avait pas été une réussite.

Juliette Mitoyen Journaliste BFM Régions