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Île-de-France: en quoi consiste le "plan blanc" renforcé, activé dans les hôpitaux?

L'Agence régionale de santé a annoncé jeudi le déclenchement du plan blanc renforcé dans l'ensemble des établissements de santé franciliens, afin de faire face à la pression de l'épidémie de Covid-19.

Les hôpitaux franciliens se préparent à des prochaines semaines difficiles. Pour absorber la prise en charge croissante de patients atteints du coronavirus, l'Agence régionale de santé a décidé d'activer jeudi un plan blanc renforcé dans l'ensemble des établissements.

"On a probablement 10 à 15 jours difficiles à passer sur Paris (...) Les besoins en réanimation vont être particulièrement importants", a indiqué ce vendredi matin sur BFMTV-RMC Jean-François Delfraissy, le président du Conseil scientifique.

Contrairement au printemps dernier, il n'est cette fois-ci pas question de consacrer l'intégralité des lits de réanimation aux patients Covid, a-t-il précisé, évoquant une barre limite de 50%. "Il y a un souhait profond de l'ensemble des équipes de garder des lits de soins intensifs pour des patients non-Covid", a insisté le médecin.

Plus de lits

Sur le site du ministère de la Santé, il est précisé que le déclenchement du plan blanc permet "de mobiliser immédiatement les moyens de toute nature dont un établissement dispose en cas d’afflux de patients, ou pour faire face à une situation sanitaire exceptionnelle".

Concrètement, ce plan renforcé se traduit par plusieurs mesures, notamment la réouverture ou l’ajout de lits supplémentaires dans des services, comme cela a été le cas au printemps dernier dans de nombreux hôpitaux. Il permet aussi d'organiser la déprogrammation de certaines interventions chirurgicales, "pour libérer davantage de personnel pour les patients lourds atteints de Covid", a expliqué Martin Hirsch, directeur de l'Assistance Publique-Hôpitaux de Paris, ce vendredi sur Europe 1.

"Le moment où un patient est déprogrammé, c'est le moment où l'hôpital l'appelle. Tant que l'hôpital ne l'a pas appelé, on va s'occuper de lui (...) certains patients pensent rendre service en se décommandant: il ne se rende service ni à eux-même, ni à l'hôpital", a rappelé le directeur de l'AP-HP.

Du personnel rappelé

Un des autres grands volets du plan blanc réside dans la mobilisation du personnel. Outre le recours à des intérimaires, les établissements de santé peuvent aussi faire appel à des étudiants - aides-soignants, infirmiers, médecins... - pour renforcer les équipes.

Les AP-HP demandent également à ces soignants, quand cela est possible "de renoncer à leurs jours de vacances de la Toussaint", a rappelé Martin Hirsch. "Ce sont des situations difficiles, on met tout le monde sous tension", a-t-il admis.

L'activation du plan blanc entraîne enfin la constitution d'une cellule de crise dans chaque établissement, qui pilote l'ensemble des mesures à prendre, recense les capacités et surveille l'activité.

Benjamin Rieth Journaliste BFM Régions