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"Il n'y a qu'elle qui bloque": victime de l'explosion rue de Trévise à Paris, Inès interpelle Anne Hidalgo pour se faire indemniser

Depuis la mi-septembre, un accord est possible pour venir en aide aux victimes de l'explosion mais la mairie de Paris refuse de signer. Sur les réseaux sociaux, Inès demande à Anne Hidalgo "un sursaut d'humanité".

Ines, 25 ans, a déjà subi 41 opérations depuis le 12 janvier 2019. La jeune femme fait partie des dizaines de blessés de l'explosion de la rue de Trévise à Paris, un drame dû à une fuite de gaz qui avait fait quatre morts.

Un accord pour indemniser les victimes

Ce jour-là, la jeune femme travaille dans un hôtel de cette rue du 9e arrondissement de Paris afin de payer ses études de droit. Elle est grièvement blessée aux jambes et ce moment bouleverse sa vie ainsi que celle de sa mère.

"Ma mère a perdu son emploi pour s'occuper de moi à temps plein. Elle a dû vendre des bijoux, elle a dû vendre sa voiture, elle a dû vendre pas mal de choses. À l'heure actuelle, après 33 mois, je m'en veux énormément qu'elle ait fait ça pour moi", témoigne Inès au micro de BFM Paris.

Plus de deux ans après ce drame, Inès se sent toujours "coupable" après tous les sacrifices que sa mère a dû faire. " Ça m'a réellement fait mal au coeur", explique-t-elle.

Aujourd'hui, la jeune femme se bat pour obtenir des indemnités. Depuis la mi-septembre, un accord est possible pour venir en aide aux victimes de l'explosion. Seul problème: la mairie de Paris refuse de le signer car elle est mise en examen dans ce dossier. Mais la représentante de l'Etat affirme que signer un tel accord n'est pas synonyme de culpabilité.

"Elle ne nous écoute pas"

Inès interpelle donc Anne Hidalgo sur les réseaux sociaux depuis vendredi: "Pouvez-vous m'expliquer quel avenir j'ai? Que me reste-t-il? Quand allez-vous payer?" Elle espère un "sursaut d'humanité" de la part de la maire de Paris.

"Il n'y a qu'elle qui bloque. Tout le monde est prêt à mettre la signature mais elle non. Le seul moyen de l'interpeller, je me suis dit que ça allait être Twitter parce qu'en réunion, elle ne nous écoute pas. En privé, elle ne veut pas de nous. Alors peut-être que sur les réseaux ça va donner quelque chose", explique la jeune femme à BFM Paris.

Elle n'est pas la seule à interpeller Anne Hidalgo. Dans un communiqué publié ce lundi, la mairie du 9e arrondissement ainsi que deux associations de victimes "demandent à la Maire de Paris de prendre ses responsabilités, sans se défausser sur l'Etat".

Matias Arraez, Olivier Boulenc avec Marine Langlois