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Après l'agression de Yuriy, la ville de Paris souhaite muscler sa stratégie anti-rixes

Yuriy a été agressé le 15 janvier dernier dans le 15e arrondissement.

Yuriy a été agressé le 15 janvier dernier dans le 15e arrondissement. - Capture BFMTV

Le passage à tabac de l'adolescent a braqué les projecteurs sur les phénomènes de bandes. Pour les endiguer, la mairie prévoit notamment une coopération avec les communes limitrophes et une augmentation du nombre de médiateurs.

Deux semaines après le passage à tabac du jeune Yuriy, la mairie de Paris a annoncé ce vendredi un prochain renforcement de sa stratégie anti-rixes, via une coopération avec les communes limitrophes et une augmentation du nombre de médiateurs.

L'agression du collégien de 15 ans, le 15 janvier, dans le quartier de Beaugrenelle dans le 15e arrondissement, a braqué les projecteurs sur les phénomènes de bandes dans la capitale.

La question a fait l'objet d'une réunion ce vendredi entre la mairie de Paris, la préfecture de police, le procureur de Paris, le rectorat et les maires d'arrondissements concernés par le phénomène.

Des rixes plus violentes

"Le constat général c'est qu'on est globalement sur une stabilisation du nombre de rixes, avec 52 recensées en 2019 et 41 en 2020 mais que ces rixes sont plus violentes", a déclaré à l'Agence France-Presse (AFP) Nicolas Nordman, adjoint chargé de la Sécurité à la mairie de Paris à l'issue de la réunion.

"Cela nécessite une mobilisation renforcée", a-t-il ajouté. "En ce qui concerne la mairie de Paris, nous voulons lancer l'acte II de la stratégie et nous allons organiser dans les prochaines semaines une série de réunions avec les différents acteurs pour faire en sorte d'être encore plus opérationnels."

La mairie de Paris souhaite notamment intégrer au dispositif les communes limitrophes qui, à ce stade, ne sont pas parties prenantes de la stratégie lancée en 2019 par la capitale pour tenter d'endiguer le nombre de rixes.

"Sensibiliser sur le danger"

"On a également convenu de l'importance d'intensifier les interventions de la police dans les collèges afin de sensibiliser sur le danger des rixes", a poursuivi Nicolas Nordman. Le nombre de médiateurs - qui sont actuellement 130 - doit pour sa part être augmenté dans le but de quadriller le terrain en amont de la rixe pour la prévenir, ou après pour empêcher tout "match retour", a-t-il ajouté.

La mairie espère pouvoir mettre en place "avant l'été" cette nouvelle stratégie, sous réserve du contexte sanitaire marqué par l'épidémie de coronavirus et d'un possible reconfinement.

Il est "urgent" d'agir, a estimé auprès de l'AFP Philippe Goujon, le maire LR du 15e arrondissement - où l'agression de Yuriy s'est produite - à l'issue de la réunion.

"Il faut notamment qu'il y ait des sanctions pénales plus fortes vis-à-vis des mineurs qui ne sont pas arrêtés dès la première infraction et qui tombent dans une spirale délictueuse qui peut les amener aux pires extrémités comme on l'a vu", avec le passage à tabac de Yuriy, a ajouté l'élu.

F.B. avec AFP