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Plan Grand froid dans 68 départements: comment ça marche?

A homeless person sits in a snow covered street in Paris on January 20, 2013 following snow falls over the French capital overnight.

A homeless person sits in a snow covered street in Paris on January 20, 2013 following snow falls over the French capital overnight. - JOEL SAGET / AFP

Autrefois déclenché au plan national, il est décidé par les préfectures dans chaque département depuis 2008, en fonction essentiellement des températures "ressenties".

Durant l'hiver, trois plans peuvent être déclenchés en France afin de permettre l'ouverture de places d'hébergement supplémentaires dans les centres accueillant les sans-abris. Le premier niveau est le plan "Froid", actif du 1er novembre au 31 mars. Dès son activation, le Samu social renforce ses effectifs au 115, le numéro utilisé pour faire une demande de placement en centre d'hébergement.

Les maraudes qui tournent annuellement sont alors renforcées. Le deuxième, le plan "Grand froid", est actuellement actif dans 68 départements en raison de la vague de températures glaciales qui touche le pays et a déjà provoqué la mort de trois sans-abris. Un troisième niveau existe, le plan "Froid extrême", exceptionnel. Il est mis en place quand les températures ressenties sont négatives et inférieures à -10 degrés la nuit.

Comme l'explique la Ville de Paris sur son site, le plan Grand froid dépend principalement des températures ressenties: quand elles se situent entre -5 et -10 degrés la nuit et en-dessous de zéro pendant la journée, il est mis en place localement sur décision des préfets. Avant 2008, il était déclenché au niveau national.

Des lieux réquisitionnés

Il implique une vigilance accrue de la part du Samu social, des pompiers, mais aussi de la police et de la gendarmerie. Des places d'hébergement supplémentaires sont alors ouvertes. Ce plan Grand froid n'a pas de seuil de déclenchement à proprement parler, l'appréciation est laissée aux préfets, et il peut arriver par exemple qu'il soit activé par 4 degrés, si l'humidité ou le vent font ressentir une température négative aux sans-abri et aux passants.

En fonction des différents niveaux mis en place, des gymnases, des hôpitaux ou encore des salles de mairies d'arrondissement dans les grandes villes peuvent être utilisés pour accueillir les sans-abris qui n'ont pas pu être hébergés par les centres dédiés. L'action du Samu social peut aussi être renforcée par des organismes partenaires, notamment municipaux, mais aussi caritatifs comme la Croix-Rouge ou l'Ordre de Malte.

Quelques recommandations

Par temps aussi froid, plusieurs recommandations sont de mise pour éviter les risques liés aux conditions climatiques, comme l'hypothermie, les gelures aux extrémités mais aussi les risques cardiovasculaires accrus ou les chutes. Il faut tout d'abord se nourrir convenablement et adapter sa tenue, en couvrant les parties les plus sensibles au froid, comme les pieds, les mains, le cou et le visage. Pour les personnes disposant d'un logement, il convient de maintenir la température ambiante à 19 degrés et de faire vérifier ses installations de chauffage, de chaudière et de ventilation.

Il est aussi recommandé d'éviter les déplacements, surtout pour les enfants et les personnes âgées de plus de 65 ans, de limiter les efforts physiques en extérieur et la consommation d'alcool, qui peut faire disparaître les signaux d'alerte liés au froid. Enfin, les chauffages d'appoint ne doivent pas être utilisés en continu dans les habitations, et toute personne rencontrant un sans-abri dans la rue est invitée à appeler le 115 afin de signaler sa présence. 

Charlie Vandekerkhove