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Le plan Grand froid déclenché dans 68 départements

Le plan Grand froid est activé dans les trois quarts du pays.

Le plan Grand froid est activé dans les trois quarts du pays. - Capture BFMTV

Ce mardi est le jour le plus froid de la semaine, avec des températures ressenties autour de -10 degrés.

Les autorités ont activé le plan Grand froid dans 68 départements à cause du phénomène "Moscou-Paris" et son froid intense, qui ont causé la mort de trois sans-abri. Cette météo extrême devrait perdurer ce mardi sur tout le pays, avec des températures polaires sur le Nord et l'Est et de la neige en plaine sur la Corse.

L'ambiance restera glaciale avec des températures dans la nuit descendant jusqu'à -7 degrés à Strasbourg et Lyon, -6 à Lille et Toulouse, -5 à Paris et Bordeaux et même -9 degrés à Clermont-Ferrand. Dans la journée de mardi, les maximales n'excéderont pas -4 à 0 degré en plaine.

Cette rigueur n'épargne pas même la Côte-d'Azur où les Alpes-Maritimes et le Var ont été placés en vigilance orange neige et verglas. A Nice, de gros flocons sont tombés lundi sur la célèbre Promenade des Anglais et sa plage. A l'aéroport, le deuxième de France, plusieurs vols ont été annulés ou retardés en raison de la météo, notamment vers la Corse.

Procédure exceptionnelle

Les trois quarts de l'Hexagone, 68 départements, ont été placés en plan Grand froid, une procédure exceptionnelle pour l'hébergement des sans-abri, a annoncé lundi soir le le ministère de la Cohésion des territoires. Au total, 5.344 places supplémentaires ont été débloquées, dont 1751 à Paris.

Après un mois de janvier historiquement doux et un début février neigeux, cet épisode de froid, qui serait banal en plein coeur de l'hiver, est marquant en raison de son caractère tardif. La France n'avait pas connu une telle vague de froid à pareille époque de l'année depuis 2005.

Trois morts

Le froid a déjà fait trois morts: un sans-abri de 35 ans dimanche à Valence (Drôme), un autre, âgé de 62 ans, vendredi dans sa cabane d'un bois des Yvelines et un troisième âgé de 53 ans à Grésy-sur-Aix (Savoie), découvert lundi après-midi. Le médecin n'a pas pu se prononcer sur les causes de la mort de ce dernier, mais l'homme qui était en arrêt cardio-respiratoire a été trouvé dans un champ, alors que le thermomètre affichait -3°.

"On est sous tension mais encore en capacité d'héberger", selon Marie-Dominique Dreyssé, adjointe à la mairie de Strasbourg en charge de l'action sociale territoriale. Les dispositifs mis en place permettent de répondre à 95% des demandes même s'il reste des "personnes qui refusent de quitter leur bout de trottoir", déclare-t-elle.

Dans l'est de la France, les associations caritatives s'efforcent de localiser dans la rue les personnes les plus vulnérables pour les orienter vers les nombreux foyers ou gymnases réquisitionnés par les services de l'État.

Risque de perturbations à la SNCF

A Villeurbanne près de Lyon, une soixantaine de migrants ont été évacués d'un "squat", menacés par un incendie provoqué par un "moyen de chauffage improvisé", selon la municipalité. Indemnes, ils ont été hébergés dans un gymnase jusqu'à jeudi ou vendredi, le temps de la vague de froid. Même détresse lundi dans la zone du terminal ferry de Ouistreham (Calvados) où une trentaine de Soudanais emmitouflés se réchauffaient pieds et mains autour de trois feux dans des bois clairsemés.

Côté transports, la SNCF prévient sur son site internet que "ces conditions climatiques risquent de perturber la circulation des trains".

C.V. avec AFP