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Peu de neige, des températures clémentes... Comment expliquer l'exceptionnelle douceur de cet hiver

Après des mois de décembre et janvier au thermostat clément, le mois de février confirme un hiver historiquement doux, qui pourrait devenir le plus chaud jamais enregistré en France.

La France traverse un hiver particulièrement doux, "bien parti pour devenir l'hiver le plus doux depuis plusieurs décennies" dans l'Hexagone, écrit Météo France sur Twitter ce lundi. Si l'organisme de prévisions se permet de donner ce pronostic avant même que le mois de mars ait commencé, c'est que l'hiver, en météorologie, commence le 1er décembre et s'arrête fin février, en l'occurrence le 29 février en 2020.

Un mois de février record

Bientôt terminé, cet hiver est donc déjà "assuré d'être dans les deux hivers les plus doux" depuis les relevés d'après-guerre, explique à BFMTV.com le prévisionniste Emmanuel Demaël. Il s'agit "d'un hiver exceptionnel, historiquement doux", qui s'inscrit pour l'instant à 2,7°C au-dessus des normales de saison.

Au mois de février "la succession de tempêtes explique ces températures douces. Il y a eu un afflux d'air assez doux venu du golfe de Gascogne, voire subtropical", explique Emmanuel Demaël. Les tempêtes Ciara, Inès et Dennis se sont en effet suivies ces dernières semaines sur l'Hexagone, transportant des vents dépassant fréquemment les 100 km/h.

Plusieurs records de douceur ont notamment été battus au mois de février, avec des températures s'élevant à plus de 25 degrés. Dans la commune de Cambo-les-Bains (Pyrénées-Atlantiques), les températures relevées à l'ombre ont ainsi grimpé à 27.8°C lundi 3 février. Les stations météo ont battu leurs records pour un mois de février, en relevant 25,8°C à Fréjus (Var), 27°C à Seillans (Var) ou encore 26.6°C à Biarritz (Pyrénées-Atlantiques).

"Une circulation atmosphérique privilégiée"

"En décembre également il y a eu toute une période avec une série de tempêtes", rappelle le prévisionniste. Les températures de cet hiver sont en fait dues au "maintien d'une circulation atmosphérique privilégiée, avec des courants d'ouest qui apportent un air océanique" et entraînent des excédents thermiques depuis décembre.

Dans l'ensemble "on a eu peu de séquences hivernales, seulement des petites périodes en dessous des normales de saison début et fin décembre", continue Emmanuel Demaël qui parle de "douceur récurrente".

Pour la fin du trimestre février-mars-avril 2020 Météo France prévoit encore une "forte influence océanique globalement synonyme de douceur. La probabilité d'un trimestre plus chaud que la normale est très forte sur l'Europe entière".

"On a besoin de froid en hiver"

"Les répercussions sont énormes", déclare Jean-Louis Caffier, consultant environnement de BFMTV. "On a besoin de froid en hiver, les arbres ont besoin de se reposer, on a besoin de tuer les petites larves qui vont se transformer en insectes ravageurs quand les plantes vont sortir".

Ce thermostat indulgent "reçoit un coup de pouce du réchauffement climatique. Il est beaucoup plus facile de battre un record de douceur plutôt qu'un record de froid", expliquait le prévisionniste de Météo France François Jobard, lors de la vague de douceur mi-décembre. 

Sur son site, Météo France souligne que "trois des quatre hivers [décembre, janvier et février] les plus chauds se sont produits dans les 10 dernières années" avec notamment l'hiver 2015-2016, qui "s'est révélé être le plus chaud avec une température moyenne de 8,0°C, soit 2,6 degrés au-dessus de la normale".

Salomé Vincendon