BFMTV

Est-il possible de prévoir une tornade?

La tornade qui a causé d'importants dégâts dans la ville de Moore, avait été signalée 16 minutes avant son arrivée.

La tornade qui a causé d'importants dégâts dans la ville de Moore, avait été signalée 16 minutes avant son arrivée. - -

La tornade qui a ravagé la ville de Moore a fait 24 morts. Ce lourd bilan humain aurait-il pu être évité?

Le bilan pourrait encore s'alourdir. On dénombre officiellement 24 morts à Moore, dans l'Oklahoma, où une tornade s'est formée ce lundi, détruisant tout sur son passage.

Ce phénomène météorologique est régulier dans cette zone des Etats-Unis (la Tornado Alley) mais il a pris cette fois une ampleur considérable et enregistre un lourd bilan humain que n'ont pas atteint des tornades parfois beaucoup plus destructrices.

> Une tornade est-elle prévisible?

La prévision du phénomène est très difficile car la formation d'une tornade est très rapide (elle peut ne pas excéder quelques secondes) et sa durée de vie est très courte, en général quelques minutes. Mais la recherche sur les tornades, qui a pris son essor dans les années 1950, a permis de mettre en place des mécanismes de prévention et d'alarme.

"On peut prévoir un risque, une probabilité, de manière assez fine", explique David Dumas, consultant à l'Observatoire français des tornades et orages violents, un bureau d'analyse spécialisé dans les phénomènes orageux.

"Après une première prévision globale à grande échelle, le travail se fait sur des modèles de prévision très pointus, à échelle d'un kilomètre", précise Jérôme Lecou, prévisionniste à Météo France. Des systèmes qui prennent en compte l'instabilité de l'atmosphère, le taux d'humidité, la température et le cisaillement des vents (la différence de vitesse et de direction en fonction de l'altitude), autant de données fournies par les radars météorologiques ou les images satellite.

"Mais il est très compliqué de dire précisément où le phénomène va frapper et s'il va effectivement se produire", préviennent les deux spécialistes. 

Les services météorologiques américains, notamment les agences situées dans la zone de la Tornado Alley ("allée des tornades" en français), sont rompus à cet exercice. "Ils émettent régulièrement des bulletins de prévision (Tornado watch) concernant plusieurs comtés voire plusieurs états. Puis quand les radars détectent la formation d'un mésocyclone, une structure hébergeant une tornade, un bulletin d'alerte (Tornado warning) est émis", détaille David Dumas.

Cette phase de détection précise de la tornade ne peut avoir lieu que quelques minutes avant la survenue du phénomène, "un délai de l'ordre du quart d'heure pour prévenir les autorités qui préviennent ensuite la population par des sirènes ou à travers les nouvelles technologies", précise Jérôle Lecou.

> Cette tornade avait-elle été signalée?

Oui. Les services météorologiques américains avaient émis un bulletin d'alerte et les sirènes ont retenti 16 minutes avant l'arrivée de la tornade. "Ce qui est considérable pour un phénomène aussi localisé et aussi bref", affirme Emmanuel Wesolek, de l'Observatoire français des tornades et orages violents.

Mais comment expliquer alors que tout le monde ne se soit pas mis à l'abri? "Il faudra voir ce qu'il s'est passé. Peut-être que tout le monde n'a pas entendu l'alerte, peut-être qu'elle n'a pas été donnée partout au bon moment...", estime le spécialiste qui rappelle qu'un quart d'heure suffit généralement à rejoindre une cave ou un abri.

> Quelles sont les précautions à prendre en cas d'alerte?

"Le plus sûr est d'aller s'abriter à la cave ou dans les abris anti-tornade qui existent un peu partout dans cette zone des Etats-Unis", explique David Dumas. Et ce pour deux raisons: les tornades de forte intensité détruisent tout sur leur passage, y compris les maisons en briques et elles projettent des débris sur plusieurs centaines de mètres voire plusieurs kilomètres autour de leur lieu de passage.

"S'il n'est pas possible de s'abriter, alors il vaut mieux s'éloigner le plus loin et le plus vite possible" de la zone concernée, complète David Dumas.


À LIRE AUSSI:

>> Obama: "nous prions pour les habitants de l'Oklahoma"

Violaine Domon