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Crue: comment des communes franciliennes ont su prévenir les inondations

Alors que de nombreuses communes d'Ile-de-France ont les pieds dans l'eau, au sud de Paris, la Bièvre reste l'un des rares affluents de la Seine à ne pas déborder. Grâce à la mise en place d'un système de zones humides et de bassins, les inondations sont évitées.

Les habitants de la vallée de la Bièvre sont restés au sec. Alors que la crue de la Seine et de la Marne ont provoqué des inondations en Ile-de-France, les communes situées près de ce cours d'eau dans l'Essonne n'ont pas été inquiétées. Depuis plusieurs années, un système de "gestion verte" des eaux a été mis en place pour se prémunir des débordements.

Les inondations catastrophiques de 1982 dans cette vallée ont déclenché des réflexions sur le sujet et sur l'aménagement du territoire. Depuis, des bassins de retenue ont été mis en place afin d'optimiser la régulation de la rivière. Sur la commune de Verrières-le-Buisson, un ancien plan d'eau décoratif a ainsi été vidé et réaménagé en zone humide en 2015. Il a permis de récupérer des milliers de mètres cubes de stockage supplémentaire. 

"Ici, c'était une baignoire à moitié pleine, on en a fait une baignoire vide. Et cette baignoire vide, c'est une superbe zone humide qui permet de tamponner les à-coups hydrauliques que crée la rivière, en évitant les inondations dans tout le territoire", explique Hervé Cardinal, Directeur des services techniques du syndicat intercommunal pour l'assainissement de la Vallée de la Bièvre. 

"Avant ces bassins, on était les pieds dans l'eau"

Une dizaine de bassins ou retenues ont ainsi été aménagés, permettant de disposer d'une capacité de stockage de plus de 600.000 m3. Alors que les pluies ont copieusement arrosé la région, la Vallée de la Bièvre peut encore faire face à de nouvelles précipitations. Après plusieurs jours de crue, les capacités de stockage de certains bassins sont encore à plus de 90%. Cette marge de manoeuvre a changé la vie des habitants de Verrières-le-Buisson, qui se trouve pourtant en zone inondable.

"Avant ces bassins, on était les pieds dans l'eau. Toutes les maisons qui sont autour avaient leur cave, voire leur 1er étage qui était complètement submergé et ça pouvait arriver quasiment tous les 18 mois", se rappelle Thomas Joly, le maire de la commune.

"Cerise sur le gâteau, toutes les inondations qui existaient autrefois, qui coûtent fort cher aux assurances, aux particuliers qui doivent changer leur mobilier, refaire leurs peintures... tous ces coûts-là ont absolument disparus", conclut l'élu. 

Carole Blanchard avec Zahra Boutlelis, Florian Rivais