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Venezuela: qui est Juan Guaidó, qui s'est auto-proclamé président par intérim du pays?

Juan Guaido à Caracas ce mercredi 23 janvier.

Juan Guaido à Caracas ce mercredi 23 janvier. - FEDERICO PARRA / AFP

Soutenu par de nombreux manifestants, Juan Guaidó est un opposant de longue date au régime chaviste.
"Je jure d'assumer formellement les compétences de l'exécutif national comme président en exercice du Venezuela pour parvenir (...) à un gouvernement de transition et obtenir des élections libres."

C'est par ce discours solennel, prononcé à Caracas devant des dizaines de milliers de Vénézuéliens mobilisés depuis plusieurs jours que Juan Guaidó s'est autoproclamé "président" par intérim du pays d'Amérique du Sud. 

Illustre inconnu il y a encore quelques semaines, Guaidó, 35 ans, a connu une ascension fulgurante. Nommé président d'un parlement contrôlé par l'opposition en ce début d'année, l'homme de 35 ans, ingénieur de profession, est l'un des plus virulents opposants à Nicolas Maduro, successeur du défunt Hugo Chavez, qu'il n'hésite pas à qualifier "d'usurpateur." 

Opposant de longue date au régime chaviste

L'aventure de Juan Guaidó en politique débute tôt. Dès 2007, il participe à plusieurs mouvements étudiants et manifeste, entre autre, contre la suspension de la chaîne RCTV, la plus ancienne du pays, par Hugo Chavez. 

Un acte fondateur puisque quelques mois plus tard, en 2009, il fonde en compagnie de Leopoldo López le parti Voluntad Popular (Volonté Populaire, ndlr), une formation progressiste, démocratique et engagée dans la lutte des droits pour tous. Ce n'est que 10 ans plus tard, quelques heures après la prestation de serment de Maduro, que Guaidó est nommé président du Parlement, faisant désormais figure de principal opposant au régime. 

Se disant prêt à assumer les prérogatives d'un chef d'Etat, il se donne pour mission de rassembler l'ensemble des anti-Maduro et avait appelé à une grande manifestation le 23 janvier, ce mercredi, où il a pris le pouvoir par intérim.

"Survivant"

D'origine modeste et qualifié de "gamin qui joue à la politique" par Maduro, Juan Guaidó est pourtant l'incarnation même du contre-pouvoir vénézuélien. 

"Nous ne voulons plus de Maduro qui est un usurpateur. Nous sommes là pour que soit rétablie la démocratie" expliquait, en marge de la manifestation,un professeur de 32 ans.

Depuis maintenant plusieurs mois, le Venezuela est plongé dans une grave crise économique et politique. Selon le FMI, l'inflation dans le pays d'Amérique latine devait atteindre 1.000.000% pour l'année 2018. 

Une situation intenable pour celui qui se qualifie de "survivant", en référence à un violent éboulement qui a fait près de 10.000 morts en 1999 à proximité du lieu où il résidait avec sa famille. Stratège politique, Guaidó a ainsi tenté de contourner Maduro en promettant l'amnistie aux militaires susceptibles de rejoindre l'opposition. 

Une initiative peu appréciée par le successeur d'Hugo Chavez qui, le 13 janvier passé, avait orchestré l'arrestation spectaculaire de Guaidó sur une autoroute du pays par les services de renseignement vénézuéliens (Sebin) alors qu'il se rendait à une réunion publique. Il avait finalement été relâché quelques heures plus tard. 

Soutenu à l'international

Dès l'annonce de son auto-proclamation ce mercredi, nombreux sont les dirigeants politiques internationaux à avoir témoigné leur soutien. Premier en date, Donald Trump, qui avait brièvement envisagé d'envahir militairement le pays plus tôt dans l'année, a immédiatement reconnu officiellement Guaidó comme président par intérim du pays.

Plus tôt dans l'année, deux jours après son arrestation sur-médiatisée, il avait été contacté par le vice-président américain Mike Pence, qui l'avait encouragé à poursuivre son "leadership courageux" avant de lui affirmer le "soutient ferme" des Etats-Unis souligne France 24

A l'heure actuelle, plusieurs alliés latino-américains dont le Brésil et la Colombie ont également reconnu la fonction de Guaidó, tout comme l'Union Européenne qui a réclamé des élections "libres" au Venezuela. 

Un soutien peu apprécié par Nicolas Maduro, qui a annoncé ce mercredi rompre ses liens diplomatiques avec les Etats-Unis. Ce dernier pourra en revanche compter sur le soutien de la Russie, qui a dénoncé l'interférence étrangère au Venezuela. 

Hugo Septier