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Ukraine: Kiev et Moscou avancent sur le convoi humanitaire russe

La Russie et l'Ukraine sont tombées d'accord sur les modalités du passage en territoire ukrainien du convoi humanitaire russe en attente à la frontière, a annoncé un représentant de la Croix-Rouge, ici en photo.

La Russie et l'Ukraine sont tombées d'accord sur les modalités du passage en territoire ukrainien du convoi humanitaire russe en attente à la frontière, a annoncé un représentant de la Croix-Rouge, ici en photo. - Dmitry Serebryakov - AFP

Une petite avancée, au lendemain d’une journée sous haute tension. L'Ukraine et la Russie ont trouvé, ce samedi, un accord sur la procédure que devra suivre le convoi humanitaire russe pour passer la frontière, alors que s'amorce le début d'un retour au dialogue diplomatique avec une réunion dimanche à Berlin.

Un feu vert attendu

Kiev et Moscou sont tombés d'accord sur "la façon de procéder à l'inspection du convoi", a déclaré samedi Pascal Cuttat, responsable du Comité international de la Croix-Rouge en Russie. Kiev doit toutefois encore donner son feu vert à l'entrée du chargement sur son territoire, et la Croix-Rouge attend des "garanties de sécurité" pour le transport de l'autre côté de la frontière.

Quelque 300 camions russes, porteurs de 1.800 tonnes d'aide humanitaire selon Moscou, sont bloqués depuis jeudi à une trentaine de kilomètres du poste-frontière de Donetsk, dans la localité russe de Kamensk-Chakhtinski, dans l'attente d'un accord entre les deux parties.

Ni les gardes-frontières et douaniers ukrainiens, ni la Croix-Rouge n'ont commencé leur inspection des camions, exigée par Kiev avant de les laisser entrer sur son territoire. Les autorités ukrainiennes ont toutefois indiqué que la sécurité du convoi, qui n'est pas accompagné d'escorte armée et qui doit passer par des zones en proie aux combats, était l'entière responsabilité de Moscou.

Moscou réitère sa demande de "cessez-le-feu"

Moscou, qui accuse Kiev de vouloir saboter son opération humanitaire en concentrant ses efforts militaires dans la zone où doit passer le convoi, a de nouveau appelé à un cessez-le-feu pour permettre l'acheminement de l'aide humanitaire aux populations victimes du conflit.

De leur côté, les pays occidentaux tentaient pour leur part d'apaiser les tensions dans l'est de l'Ukraine en s'efforçant de favoriser un retour de la Russie et de l'Ukraine à la table des négociations. François Hollande a notamment appelé Kiev à "faire preuve de retenue et de discernement" dans ses opérations militaires, le nombre des victimes civiles ne cessant d'augmenter dans les fiefs des insurgés que sont Donetsk et Lougansk, villes assiégées par l'armée ukrainienne.

Une réunion capitale ce dimanche, à Berlin

Un début de désescalade pourrait avoir lieu dimanche à Berlin, où le ministre ukrainien des Affaires étrangères Pavlo Klimkine doit rencontrer son homologue russe Sergueï Lavrov, en présence des chefs de la diplomatie française et allemande.

De son côté, le président ukrainien Petro Porochenko a exprimé sa volonté au cours d'une conversation téléphonique avec la chancelière allemande Angela Merkel de participer à la prochaine réunion du Conseil européen le 30 août pour "informer les dirigeants de l'UE sur la situation en Ukraine".

Les tensions étaient montées d'un cran vendredi lorsque Kiev avait affirmé avoir en partie "détruit" une colonne de blindés russes ayant, selon Kiev, fait irruption la veille sur son territoire, provoquant une vague de réactions indignées en Occident. Déjà la veille, François Hollande a rappelé samedi que "la Russie devait s'engager à respecter l'intégrité territoriale de l'Ukraine".

Des fantasmes, pour Moscou

Moscou, qui a toujours démenti tout passage de troupes russes ou de matériel par la frontière, a ironiquement accusé Kiev de "détruire des fantômes", évoquant des "fantasmes".

Le "Premier ministre" séparatiste Alexandre Zakhartchenko a pourtant déclaré dans une vidéo diffusée vendredi avoir reçu "150 équipements militaires, parmi lesquels 30 chars et d'autres blindés, et quelque 1.200 hommes qui ont eu quatre mois d'entraînement sur le territoire russe", ajoutant qu'ils arrivaient "au moment le plus crucial".

Jé.M., avec AFP