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L'Ukraine affirme avoir détruit des blindés russes entrés sur son territoire

Des transports blindés russes ont été détruits par l'armée ukrainienne, annonce Kiev, vendredi 15 août.

Des transports blindés russes ont été détruits par l'armée ukrainienne, annonce Kiev, vendredi 15 août. - Dmitry Serebryakov - AFP

La présidence ukrainienne a affirmé, ce vendredi, avoir détruit une grande partie d'une colonne de blindés russes, qui serait entrée sur son territoire. Une information démentie par la Russie. Face à ce regain de tension, François Hollande  et l'UE ont rapidement réagi. Le point sur la situation.

La tension est à son comble entre l’Ukraine et la Russie tandis que le convoi d'aide humanitaire russe - 300 camions - était toujours bloqué samedi à quelques kilomètres de la frontière ukrainienne, en attente d'être inspecté. Les insurgés de Donetsk ont accusé Kiev de retarder délibérément les camions.

Vendredi, des tirs d'artillerie de l'armée ukrainienne auraient, cette nuit, "détruit" en grande partie une colonne de véhicules blindés de transport de troupes, qui a pénétré, selon Kiev, dans l'est de son territoire depuis le sol russe, dans la soirée de jeudi. C’est en tout cas ce qu’a affirmé la présidence ukrainienne.

Du côté de la Russie, l'information a été démentie. Le ministère de la Défense a affirmé ne pas avoir fait entrer de convoi militaire en Ukraine: les forces ukrainiennes "détruisent des fantômes", a-t-il même été déclaré. Plus tôt, le pays dénonçait, via le ministère des Affaires étrangères, "des tentatives de faire échouer" son aide humanitaire, en référence au mystérieux convoi que le pays souhaite envoyer dans l’Est ukrainien, en majorité contrôlé par des séparatistes pro-russes.

Face à cette escalade, la communauté internationale - l'UE et François Hollande en tête - n'a pas perdu une seconde pour réagir. Tout ce qu'il faut retenir d'une journée on ne peut plus tendue.

> Un accrochage militaire évoqué entre l’Ukraine et la Grande-Bretagne

Cette escarmouche militaire a tout d’abord été évoquée entre l’Ukraine et le Royaume-Uni. Le président ukrainien Petro Porochenko a en effet discuté au téléphone de cette incursion avec le Premier ministre britannique David Cameron.

C’est à ce moment qu’il lui a indiqué qu'"une grande partie de ce matériel a été détruite dans la nuit par l'artillerie ukrainienne". "Une action appropriée a été menée contre cette colonne et une partie de cette colonne n'existe plus. Elle a été détruite", a également assuré le porte-parole militaire ukrainien, Andriï Lyssenko.

Dans la foulée de ces annonces, l’ambassadeur de Russie en Grande-Bretagne a été convoqué par le ministère britannique des Affaires étrangères afin de "clarifier les informations sur une incursion militaire russe en Ukraine".

> La version russe

Du côté russe, tout a été démenti. "Il n'y a aucun convoi militaire russe qui aurait traversé la frontière entre la Russie et l'Ukraine", a ainsi déclaré un responsable du ministère de la Défense, le général Igor Konachenkov. Les forces ukrainiennes "détruisent des fantômes", a-t-il ironisé.

Plus tôt, le ministère des Affaires étrangères a dénoncé, peu de temps après les déclarations du président ukrainien, "des tentatives de faire échouer son aide humanitaire" destinée aux populations de l'Est de l'Ukraine, en grande majorité russophones. "L'intensification brutale des opérations militaires" ukrainiennes dans cette région "a de toute évidence pour but de couper l'itinéraire convenu avec Kiev", pour le passage du convoi humanitaire russe.

"Il reste en Ukraine et aux alentours un bon nombre de personnes qui souhaitent faire échouer la mission humanitaire russe, même au prix de nouvelles victimes et de nouvelles destructions. Ceux qui fomentent de tels projets criminels prennent sur eux une énorme responsabilité quant à leurs conséquences", a prévenu le ministère russe des Affaires étrangères.

> Une réunion capitale, ce dimanche, à Berlin

Pour tenter d'éteindre l'incendie, le ministre ukrainien des Affaires étrangères Pavlo Klimkine a annoncé, ce vendredi soir, qu'il rencontrerait son homologue russe Sergueï Lavrov à Berlin dimanche, avec les chefs de la diplomatie français et allemands. "Peu importe que ce soit une table ronde ou une table carrée, il faut que nous parlions", a notamment écrit le ministre sur Twitter.

> Hollande appelle la Russie à "respecter l'intégrité" de l'Ukraine

Les réactions de la communauté internationale n'ont pas tardé à tomber, à la suite des affirmations de Kiev. Depuis le porte-avion Charles-de-Gaulle, François Hollande a débuté son discours en appelant la Russie "à respecter l'intégrité territoriale de l'Ukraine". En pleine commémoration du 70e anniversaire du débarquement de Provence, le chef de l'Etat français a demandé "aux deux présidents de faire les efforts nécessaires pour prévenir tout escalade, et retrouver l'esprit de dialogue, qui avait présidé la rencontre du 6 juin en Normandie", référence au 70e anniversaire du "D-Day", durant lequel des signes encourageants étaient apparus entre Vladimir Poutine et son homologue ukrainien.

Un peu plus tôt, les ministres des Affaires étrangères de l'Union européenne (UE) ont "pressé" la Russie de "cesser immédiatement toute forme d'hostilités" à la frontière avec l'Ukraine. Réunis en urgence à Bruxelles pour faire un point sur les crises irakienne et ukrainienne, les ministres ont aussi appelé aussi la Russie à "retirer ses forces de la frontière". "Toute action militaire unilatérale de la part de la Fédération russe en Ukraine sous quelque prétexte que ce soit, y compris humanitaire, sera considéré par l'UE comme une violation flagrante du droit international".

Washington met Moscou en garde

Les Etats-Unis ont appelé vendredi la Russie à cesser ses "provocations" en Ukraine. "Nous nous employons à récolter davantage de détails au sujet d'informations selon lesquelles les forces de sécurité de l'Ukraine ont mis hors service des véhicules dans un convoi militaire russe sur le sol ukrainien", a indiqué Caitlin Hayden, porte-parole du Conseil de sécurité nationale du président Barack Obama, dans un communiqué.

La Maison Blanche a notamment dénoncé l'envoi par la Russie aux séparatistes de chars, de véhicules blindés, d'artillerie et de lanceurs de missiles, ainsi que des tirs "réguliers" d'artillerie et de missiles depuis la Russie sur le territoire ukrainien.

Jé. M., avec AFP