BFMTV

Trente ans après la chute du mur, l'extrême droite pousse en ex-RDA

Les habitants de l'ancienne Allemagne, touchés par le chômage, se tournent désormais vers des partis nationalistes et eurosceptiques.

Les trente ans de la chute du mur de Berlin seront célébrés demain, samedi 9 novembre. En 1989, sa disparition faisait naître l'espoir d'une réunification dans une Allemagne séparée par un rideau de fer depuis 28 ans.

Mais trois décennies après l'effondrement de l'URSS communiste, les espérances de bon nombre d'Allemands d'ex-RDA ont été déçues, à l'image de celles des habitants de Gölritz, au nord de Berlin, auparavant située en territoire soviétique.

"Il n'y a pas assez de travail, en particulier pour les jeunes", déplore une habitante d'un quartier périphérique de cette ville de 55.000 personnes. "Les salaires et les retraites ne sont pas au même niveau qu'à l'ouest", assure un autre.

Montée en puissance du parti nationaliste AFD

En tout, ce ne sont pas moins de deux millions d'emplois qui ont été supprimés à l'est dans les mois qui ont suivi la chute du mur. Aujourd'hui, le sentiment d'être des citoyens oubliés de seconde classe est fort chez les habitants de l'ancienne Allemagne soviétique.

Une frustration récupérée en ex-RDA par l'extrême droite, vers laquelle se tournent aujourd'hui de nombreux Allemands de l'est. À Görlitz, le parti d'extrême droite, eurosceptique et nationaliste Alternative für Deutschland (Alternative pour l'Allemagne, AFD), a recueilli 37% des suffrages lors de la dernière élection régionale.

"Le gouvernement a rénové le centre ville et repeint les façades. Mais à part ça, il ne règle aucun problème", assure Sebastian Wippel, député AFD au parlement régional de Saxe. "Et cela fait trente ans que ça dure. Les gens à l'est ne sont pas contents et, comme en 1989, ils veulent du changement. C'est pour cela qu'ils votent pour notre parti."

Ce parti d'extrême droite qui surfe sur les espoirs déçus des Allemands de l'est est bien ancré en RDA alors que l'ère Merkel, qui terminera son dernier mandat en 2021, touche à sa fin.

David Couloume et Antoine Heulard, avec Juliette Mitoyen