BFMTV

Suicide d'une jeune cancéreuse: "une absurdité" selon un prélat au Vatican

Britanny et son chien Charlie, dans une photo prise en 2013, alors qu'elle n'était pas encore atteinte de son cancer.

Britanny et son chien Charlie, dans une photo prise en 2013, alors qu'elle n'était pas encore atteinte de son cancer. - Compassion & Choices - AFP

Mgr Carrasco de Paula a eu des mots très durs pour qualifier la décision de Brittany Maynard, en phase terminale d'un cancer,  de se donner la mort.

"Une absurdité". C'est par ces termes que Mgr Carrasco de Paula, le président de l'Académie pontificale pour la vie, une institution indépendante du Vatican, a qualifié le suicide de l'Américaine atteinte d'un cancer en phase terminale. Le haut prélat s'est cependant défendu de "vouloir juger la personne".

"Le geste en soi est à condamner"

"Le suicide assisté est une absurdité, car la dignité c'est autre chose que de mettre fin à sa vie", a déclaré le haut prélat à l'agence de presse italienne Ansa. "Le geste en soi de Brittany Maynard est à condamner. Cette femme l'a fait en pensant mourir de manière digne, mais c'est là que se trouve l'erreur. Se suicider n'est pas une bonne chose, c'est une mauvaise chose", a poursuivi Mgr Carrasco de Paula.

"Nous ne jugeons pas les personnes mais le geste en soi est à condamner", a enfin conclu Mgr Carrasco de Paula. Agé de 77 ans et membre de l'Opus Dei, cet Espagnol diplômé de philosophie et de médecine est considéré comme le "ministre pour la bio-éthique" du Vatican, où il s'exprime régulièrement en faveur des mouvements pro-vie.

Elle ne voulait pas "attendre" la mort

Brittany Maynard, 29 ans, atteinte d'une forme très agressive de cancer du cerveau, avait, elle, annoncé son projet de suicide dans une vidéo postée sur son site, en début d'année, après avoir appris qu'il ne lui restait plus que six mois à vivre, dans des conditions très difficiles. Elle a déménagé de Californie pour l'Oregon, l'un des cinq Etats américains ayant légalisé "le droit de mourir dans la dignité", explique son site.

Un médecin a donc légalement pu lui prescrire les médicaments dont elle avait besoin pour mettre fin à ses jours. Un acte qu'elle a choisi de faire samedi dernier, dans sa chambre, entourée de ses proches. A ses côtés se trouvait également son mari, qu'elle venait d'épouser quelques mois auparavant. Son histoire a suscité une vague d'émotion à travers le monde.

Alexandra Gonzalez avec AFP