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Paris: une école catholique accusée de dérives intégristes

L'entrée du collège-lycée privé Gerson situé dans le 16e arrondissement de Paris

L'entrée du collège-lycée privé Gerson situé dans le 16e arrondissement de Paris - -

Lors d'un cours de catéchèse dans un lycée du 16e arrondissement de Paris, des bénévoles auraient qualifié de "semi-meurtrières" les jeunes filles ayant recours à la pilule du lendemain.

Polémique dans un lycée catholique du 16e arrondissement de Paris. Des élèves et enseignants ont dénoncé des dérives intégristes dans leur établissement, signalant notamment les propos inappropriés qu'auraient tenus des bénévoles d'une association anti-avortement lors d'un cours de catéchèse.

Selon une élève du groupe scolaire privé Gerson, interrogée par Europe 1, des représentants de l'association Alliance Vita, proche de la Manif pour tous, ont qualifié de "semi-meurtrières" les jeunes filles ayant recours à la pilule du lendemain, l'avortement étant assimilé à un "homicide volontaire".

"Une ambiance de flics"

Selon le syndicat de l'enseignement privé catholique, FEP-CFDT Paris, plusieurs professeurs se sont plaints de harcèlement, une vingtaine ayant demandé leur mutation. "Clairement, on veut faire de cette école un établissement Opus Dei et faire partir ceux qui s'y opposeraient", selon Valérie Ginet, secrétaire générale de la FEP-CFDT Paris.

"Il y a une ambiance de flics. On est surveillé dans la salle des profs, pendant les intercours et ceux qui remettent en question ce qui se passe sont des Rouges", a témoigné un professeur du groupe scolaire Gerson.

"Deux personnes de notre communauté travaillent dans cet établissement, c'est vrai, mais cela n'a aucune incidence sur leur activité professionnelle", a déclaré une représentante de l'Opus Dei, qui affirme n'être "aucunement impliquée dans la pastorale du lycée Gerson".

Des élèves triés sur des critères religieux

Selon la direction diocésaine de l'enseignement catholique, "la question de l'avortement a été abordée de façon choquante pour un certain nombre d'élèves, certains professeurs ayant signalé l'usage des propos pas adaptés".

"De là à dire que l'Opus Dei a la main mise sur l'établissement, il n'y a aucune raison", a poursuivi Jean-François Canteneur, adjoint au directeur diocésain de Paris, expliquant que les tensions dans l'établissement sont plutôt dues à un "changement d'orientation pédagogique" vers un établissement plus sélectif de recrutement des élèves.

Selon le FEP-CFDT Paris, il s'agit en fait de sélectionner les élèves sur des critères religieux en demandant notamment aux parents des certificats de baptême. "Clairement, on ne veut pas d'enfants non baptisés, ni d'enfants issus de familles recomposées, de parents séparés ou de familles monoparentales, ni de Juifs", a affirmé Valérie Ginet.

Une réunion "pour redéfinir le projet éducatif et les orientations pédagogiques" avec la direction de l'établissement, les enseignants et les parents d'élèves est prévue à la rentrée, selon la direction diocésaine.

M.G. avec AFP