BFMTV

Qui est le "QAnon Shaman", repéré lors de l'invasion du Capitole par les pro-Trump?

"QAnon Shaman", à l'intérieur du Capitole à Washington, le 7 janvier 2020

"QAnon Shaman", à l'intérieur du Capitole à Washington, le 7 janvier 2020 - Saul LOEB / AFP

Jake Angeli, déjà connu comme membre de la mouvance conspirationniste QAnon, est parvenu jusqu'à l'hémicycle du Congrès au cours de l'invasion qui a eu lieu mercredi.

En l'espace de quelques heures, Jake Angeli est devenu une "célébrité" sur les réseaux sociaux. En compagnie de plusieurs milliers de militants pro-Trump, cet homme de 32 ans originaire d'Arizona s'est présenté devant le Capitole des États-Unis à l'appel de Donald Trump, avant de parvenir à pénétrer jusque dans l'hémicycle au cours de l'invasion qui a suivi ce rassemblement de sympathisants du président sortant.

C'est en particulier grâce à son accoutrement - il est torse-nu et affublé d'un couvre-chef en fourrure orné de deux cornes qui lui valent le surnom de "Shaman" - que ce militant subitement devenu une icône de cette invasion du Congrès, s'est fait repérer.

Conspiration et QAnon

Pourtant, au-delà du déguisement qui peut prêter à sourire, l'homme est un habitué des manifestations de ce type puisque dans son État d'origine, il a multiplié les rassemblements devant le capitole local, situé dans la ville de Phoenix. Il manifestait dans un premier temps afin de faire entendre au grand public les "conspirations" qu'il aurait découvertes.

Car en effet, celui qui se fait appeler "QAnon Shaman" est un membre influent de la mouvance du même nom. Son combat est le suivant: combattre les membres de "l'Etat profond" qui manipulent la société et qui, toujours selon leurs croyances, s'adonnent à la pédophilie. Pour eux, Donald Trump est "l'élu" qui doit lutter contre ces pratiques.

Sur les réseaux sociaux, les adeptes de cette idéologie marquée à l'extrême droite est née par les messages d'un certain Q, leur chef de file, qui serait un membre influent de l'administration, sans que cela n'ait jamais été prouvé. Certains pensent que Donald Trump lui-même se cache derrière derrière le mystérieux personnage.

Mercredi, avant de parvenir à pénétrer dans le Capitole, Jake Angeli a été interviewé par la chaîne de télévision autrichienne ORF, pancarte "Q sent me" (Q m'a envoyé, ndlr) à la main.

Dans une diatribe quasi-discontinue d'une dizaine de minutes, le shaman conspirationniste égrene toutes ses croyances, allant d'un nouvel ordre mondial voulu par un complot bancaire mondial, en passant par les élites qui "grâce à leurs milliards", bénéficieraient de nouvelles technologies telles que "l'énergie infinie" et "la technologie de l'antigravité."

Symbôles néonazis?

En ce qui concerne son déguisement, cet ancien acteur, doubleur et chanteur, estime qu'il lui sert à "attirer l'attention", dans une interview accordée au média AZCentral.

Selon ce même article, l'homme a également été partie prenante de manifestations contre les mesures prises dans son État afin de lutter contre le Covid-19. Il a également été des rassemblements contre le résultat de la présidentielle en Arizona, où Joe Biden s'est imposé.

Les tatouages arborés par le militant ont également fait réagir sur les réseaux sociaux, en particulier un symbole se trouvant sur son torse représentant trois triangles entrecroisés, nommé Valknut, qui se réfère au Wotanisme.

Il s'agit ici d'une forme d'idéologie tirée du panthéon nordique et germanique et est désormais utilisée dans les sphères racistes, antisémites et néonazies.

https://twitter.com/Hugo_Septier Hugo Septier Journaliste BFMTV