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Invasion du Capitole: Donald Trump peut-il être destitué avant le 20 janvier?

Plusieurs outils sont à la disposition des élus américains afin d'écarter le président des États-Unis du pouvoir. Reste une contrainte de temps, avant l'arrivée de Joe Biden au pouvoir, dans 13 jours.

Donald Trump va-t-il pouvoir terminer son mandat? Quelques heures après la violente irruption de plusieurs milliers de manifestants acquis à sa cause dans le Capitole des États-Unis, le pays tente de panser ses plaies.

Les responsabilités pour les événements de ces dernières heures sont déjà recherchées. Si la sécurité du bâtiment est très largement pointée du doigt pour son inaction et ses failles criantes, les regards se tournent logiquement vers Donald Trump, qui depuis plusieurs semaines attise ses soutiens.

"Il a quasiment envoyé ses supporters vers le Capitole, il nourrit sa base de fake news, annonce qu’il n’acceptera jamais les résultats, fait toutes sortes de choses anti-démocratiques", estime sur BFMTV Leah Pisar, ancienne conseillère de Bill Clinton à la Maison Blanche.

Impeachment et 25e amendement

Un comportement qui choque outre-Atlantique, à tel point que de nombreux élus estiment que Donald Trump ne devrait pas pouvoir terminer son mandat. Si une procédure d'impeachment, à laquelle il a déjà du faire face, reste possible, sa mise en application est extrêmement longue.

"Pour l'impeachment, c'est trop tard", confirme sur BFMTV François Durpaire, spécialiste des États-Unis.

Alors pour accélérer les choses, le vice-président Mike Pence, qui s'est éloigné de Donald Trump ces dernières heures après quatre années de loyauté, pourrait invoquer le 25e amendement de la Constitution américaine.

"En cas de destitution, décès ou démission du président, le vice-président deviendra président", lit-on en effet en guise d'introduction de cet article. Trois situations qui ne semblent toutefois pas s'appliquer à ce cas précis.

En revanche, selon la section 4 de cet article, "si le vice-président, ainsi qu’une majorité des principaux fonctionnaires des départements exécutifs font parvenir [...] une déclaration écrite les avisant que le président est dans l’incapacité d’exercer les pouvoirs et de remplir les devoirs de sa charge, le vice-président assumera immédiatement ces fonctions en qualité de président par intérim."

Un cas qui pourrait se rapprocher de la réalité actuelle, mais qui pose encore de nombreuses questions. Selon le spécialiste de la politique américaine Jean-Éric Branaa, cette situation doit être accompagnée de preuves de l'incapacité et de la "folie" du président.

Une procédure longue, bien plus que la quinzaine de jours restants avant que Joe Biden ne prête serment et que Donald Trump ne quitte la Maison Blanche.

Valeur symbolique?

Pour autant, comme l'explique au micro de BFMTV Olivier Piton, avocat au barreau de Washington, il est "important pour les Américains de ne pas laisser impuni ce qui s'est passé aujourd'hui."

"Il y a des recherches sur les tweets afin de qualifier le caractère factieux de ce qui s’est passé, il y a une perspective légale déjà avancée", ajoute-t-il.

Si le départ anticipé de Donald Trump semble difficile à mettre en place d'ici le 20 janvier, le locataire de la Maison Blanche se retrouve plus esseulé que jamais. Autour de lui, les démissions se multiplient et ses soutiens des dernières semaines finissent par le lâcher.

Dans la nuit de mercredi à jeudi, plusieurs membres du Congrès ont officiellement demandé au vice-président Mike Pence d'utiliser le levier du 25e amendement contre Donald Trump.

https://twitter.com/Hugo_Septier Hugo Septier Journaliste BFMTV