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Plus de 7000 femmes du monde de l'art s'engagent contre le harcèlement sexuel

L'artiste Jenny Holzer, une des 7.000 signataires de la lettre ouverte

L'artiste Jenny Holzer, une des 7.000 signataires de la lettre ouverte - ANDER GILLENEA / AFP

Ces dernières semaines, la parole se libère à propos du harcèlement sexuel dans plusieurs milieux, comme le cinéma notamment. C'est désormais plusieurs milliers de femmes du monde de l'art qui réagissent par le moyen d'une lettre ouverte.

C'est au tour du monde de l'art d'être touché par des révélations de harcèlement sexuel. Après l'affaire Weinstein dans le cinéma, la parole s'est libérée dans d'autres milieux, notamment celui de l'art. Certaines grandes artistes contemporaines comme Jenny Holzer et Laurie Anderson se sont jointes à plus de 7000 femmes pour dénoncer le harcèlement sexuel dans le milieu de l'art, à travers un mouvement nommé Not Surprised (pas surprise). 

Démission du co-directeur d'un magazine d'art

La semaine dernière, c'est Knight Landesman, co-directeur du magazine Artforum, qui a démissionné de son poste. Il est accusé de harcèlement sexuel dans une plainte déposée par une ancienne employée du magazine, Amanda Schmidt.

Cette nouvelle personnalité puissante mise en cause pour comportement abusif à l'encontre des femmes fait réagir ces dernières. Au départ, seule une poignée avait décidé de s'engager pour lutter contre ce problème, mais très vite, le mouvement a pris de l'ampleur et une lettre ouverte dénonce ce type de comportement.

"Nous avons tenu nos langues"

"Nous sommes artistes, administratrices, assistantes, curatrices, critiques d’art, directrices, éditrices, étudiantes, galeristes, chercheurs, stagiaires et universitaires travaillant dans le monde de l’art contemporain, et nous avons été attouché.e.s, rabaissé.e.s, harcelé.e.s, infantilisé.e.s, méprisé.e.s, menacé.e.s et intimidé.e.s par celles et ceux en position de pouvoir et qui contrôlent les moyens, les ressources et les opportunités de notre milieu. Nous avons tenu nos langues, paralysé.e.s par ce pouvoir brandi au dessus de nos têtes et leurré.e.s par les promesses d’avancement professionnel et d’accès au monde institutionnel", débute la lettre publiée dans sa version française. 

Cette lettre intitulée "not surprised" s'inspire d'une œuvre de Jenny Holzer, signataire de la lettre, connue pour ses installations sous forme de phrases. Par exemple, un gigantesque panneau "Abuse of power comes as no surprise", ou "l'abus de pouvoir n'est pas surprenant".

"Nous ne seront plus silencieu.x.s.e.s"

"Nous sommes trop nombreu.x.s.e.s, désormais, pour être ignoré.e.s et réduit.e.s au silence. Avec tout ce que nous avons subi et dont nous avons été les témoins, cette lettre ne devrait pas vous surprendre", écrivent les signataires. "Chaque jour, celles et ceux qui détiennent le pouvoir font le choix d’ignorer et d’excuser, quand ils ou elles ne commettent pas eux-mêmes des actes de harcèlement et d’humiliation. Ils ou elles créent ainsi un climat arrangeant, voire complice, envers des abus de pouvoir illégaux et potentiellement plus graves (...) Nous ne serons plus silencieu.x.s.e.s.", insiste cette missive. 

Les signataires annoncent qu'il y aura d'autres actions à venir, pour faire entendre leurs voix. 
S.Z