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Une interview sexiste de la Première ministre choque la Nouvelle-Zélande

La Première ministre néo-zélandaise Jacinda Ardern le 6 novembre 2017.

La Première ministre néo-zélandaise Jacinda Ardern le 6 novembre 2017. - Marty MELVILLE / AFP

Le journaliste australien a notamment interrogé Jacinda Ardern sur sa date d'accouchement et la date de conception de son enfant, ajoutant n'avoir jamais rencontré de cheffe du gouvernement si "attirante".

Les femmes n'échappent pas au sexisme quand elles sont au pouvoir. Dimanche soir, une interview de la Première ministre néo-zélandaise diffusée à la télévision australienne a choqué les habitants de l'archipel, comme le rapportent plusieurs médias anglophones. Jugée "glauque" et "sexiste", elle a été réalisée par le journaliste australien Charles Wooley pour l'émission 60 Minutes. Invitée avec son mari sur le plateau, la cheffe du gouvernement, qui a annoncée récemment être enceinte, a été interrogée notamment sur sa date d'accouchement mais aussi la date de conception de son enfant.

Gêne visible

"Il y a une question très importante que je voudrais vous poser: quelle est exactement la date de naissance prévue pour votre bébé?", a demandé le journaliste. "C'est intéressant de voir à quel point les gens font le calcul pour estimer la date de conception", a-t-il ensuite ajouté, provoquant un rire nerveux chez la Première ministre et son époux, visiblement gênés. 
"Ayant eu six enfants, je ne suis pas surpris que les gens puissent avoir des enfants. Pourquoi un enfant ne pourrait-il pas être conçu pendant une campagne présidentielle?" s'est-il interrogé, se défendant de poser réellement la question. 
"L'élection était passée", a répondu Jacinda Ardern, "non pas que nous ayons besoin d'évoquer ces détails". 

Critiques sur les réseaux sociaux

Au cours de l'entretien, le journaliste a également commenté l'apparence et l'âge de la Première ministre, se disant "ébloui" par elle.

"J'ai rencontré beaucoup de premiers ministres à mon époque, mais aucun qui soit si jeune, pas beaucoup qui soient aussi intelligents, et jamais un qui soit si attirant", a-t-il déclaré.

Dès la diffusion de l'émission, de nombreux internautes néo-zélandais et australiens se sont offensés de ces commentaires et des questions posées par le journaliste. "Commenter le niveau d'attractivité de Jacinda Ardern ne semble pas du tout pertinent pour éclairer sa capacité à mener un pays", a relevé une internaute. "J'étais intéressé par l'interview de Jacinda Ardern mais il (le journaliste) l'a rendue irritante", déplore un autre.

Commenting on @jacindaardern's level of attractiveness, doesn't seem to be at all relevant to her ability as a nation's leader #60Mins
— Emily G (@emily_a_george) 25 février 2018

Charles Woolley is bloody painful. Was interested in the Jacinda Ardern interview on 60 Minutes but he made it cringeworthy.
— Reg Roberts (@RugbyReg) February 25, 2018

Le journaliste assume

Jugé "creepy" (répugnant), le journaliste a aussi été décrit comme "l'oncle glauque que vous devez éviter lors des fêtes de fin d'année". Critiqué également pour n'avoir pas parlé de la politique menée par le cheffe du gouvernement, le journaliste a assumé et estimé qu'il existait de très nombreux sens du terme "attirante", de "jolie à magnifique ou encore appréciable", rapporte le New Zealand Herald. Charles Wooley a affirmé ne pas regretter cette interview, même si sa femme a trouvé selon ses mots qu'il en avait fait un peu trop. 

La cheffe du gouvernement a quant à elle reconnu qu'elle avait été "abasourdie" par la question sur la date de conception de son enfant, mais qu'elle n'avait pas été offensée par l'interview ou les commentaires sur son physique. 

Charlie Vandekerkhove