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New York: des centaines de policiers coupables de fautes graves ont gardé leur poste

Une voiture de la NYPD patrouille à New York, le 20 mars 2017. Photo d'illustration

Une voiture de la NYPD patrouille à New York, le 20 mars 2017. Photo d'illustration - SPENCER PLATT / GETTY IMAGES NORTH AMERICA / AFP

Des documents confidentiels du département de police de New-York (NYPD), obtenus et étudiés par le site américain Buzzfeed, démontrent que des centaines d’agents ayant commis de graves délits, allant du mensonge devant des grands jurys à des agressions injustifiées envers des innocents, ont conservé leur emploi et leur pension entre 2011 et 2015.

Au moins 319 employés du département de police de New-York (NYPD) qui ont commis entre 2011 et 2015 des infractions a priori suffisamment graves pour justifier leur licenciement ont été autorisés à garder leur emploi, révèle ce lundi 5 mars Buzzfeed. Le site américain a obtenu par l’intermédiaire d’une source anonyme des centaines documents internes secrets du NYPD. Ces pages, étudiées dans le détail par les journalistes, font état des agressions, vols ou encore mensonges perpétrés par certains agents du département.

Ainsi, au moins 50 employés ont menti sur des rapports officiels, sous serment ou lors d’une enquête interne, rapporte Buzzfeed. Trente-huit ont été reconnus coupables par un tribunal de police d’usage excessif de la force, d’altercation, ou de tirer inutilement avec leur arme. Cinquante-sept étaient coupables de conduite sous emprise. Buzzfeed cite également le cas de l’officier Jarrett Dill qui a menacé de tuer quelqu’un, ou encore celui de Roberson Tunis qui a harcelé sexuellement et touché de manière inappropriée une personne du même grade.

Une vingtaine de ces employés travaillaient dans les écoles, dont au moins deux, évoqués par Buzzfeed dans son enquête, sont coupables d’agression à caractère sexuel.

De simples mises à l'épreuve

Chaque fois, le commissaire de police, qui a le dernier mot en ce qui concerne les décisions disciplinaires, a confié à ces agents des peines de mise à l’épreuve sans réelles conséquences. Comme l’explique le site américain, cette sanction permet à l’agent de continuer à faire son travail au même salaire. Il peut en revanche obtenir moins d’heures supplémentaires et ne sera pas promu tout au long de cette période, qui dure en général un an.

Buzzfeed a vérifié les informations contenues dans ces documents par le biais de plus de 100 appels aux employés de NYPD, des visites au domicile des agents, des entretiens avec des procureurs et des avocats de la défense. Les dossiers de probation reçus par les journalistes ne comportent néanmoins pas tous les cas d’agent placés en mise à l’épreuve. Selon le NYPD, sur les plus de 50 000 personnes qui travaillent dans le département, 777 officiers et "un nombre incalculable d’autres employés" ont reçu une mise à l’épreuve entre 2011 et 2015. Sur la même période, 463 officiers ont été forcés à partir ou ont démissionné alors qu’une accusation disciplinaire était en cours.

Au cours des prochains mois, le site entend publier une base de données contenant des informations sur les agents de la police de New-York ayant reçu des peines de mise à l’épreuve.

M.P