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Etats-Unis: la police américaine tue plus de deux personnes par jour

Capture d'écran extraite de la vidéo montrant le policier tirer sur Walter Scott, en avril dernier.

Capture d'écran extraite de la vidéo montrant le policier tirer sur Walter Scott, en avril dernier. - Capture d'écran - New York Times

Le Washington Post a épluché les rapports de police pour comptabiliser le nombre de victimes de tirs policiers entre janvier et mai, faute de statistiques officielles complètes.

La police américaine a tué par balles précisément 385 personnes entre janvier et mai, soit un peu plus de deux personnes par jour (2,6), selon un décompte établi par le Washington Post et rendu public samedi, alors que la question des violences policières anime le pays, après une série d'émeutes urbaines comme à Ferguson ou à Baltimore, en avril dernier.

Les statistiques du Washington Post sont très éloignées des moyennes données par le FBI, qui sur la décennie écoulée, mesure le taux d'homicides commis par la police à 1,1 par jour. Les autorités reconnaissent toutefois que leur chiffrage est incomplet, les polices locales n'étant pas obligées de reporter ce type d'homicide au niveau national.

Le quotidien américain est allé jusqu'à éplucher les rapports de police locale et les articles de presse pour dresser le profil moyen des victimes par balles. La moitié d'entre elles étaient des Blancs, les autres étaient issues de diverses minorités ethniques. Mais les chiffres sont très différents lorsque les victimes n'étaient pas armées, soit dans 1 cas sur 6: deux tiers d'entre elles étaient noires ou hispaniques.

Quelque 13% des victimes n'étaient pas armées

La très grande majorité des victimes, plus de 80%, étaient armées lorsque la police a fait feu. Parmi elles, 221 avaient une arme à feu, et 68 une arme blanche. Quelque 49 victimes n'avaient toutefois pas d'arme et ne présentaient pas de menace létale pour les policiers, et 13 autres avaient en réalité des jouets sur eux.

Quant à l'âge, il s'étend de 16 ans pour la plus jeune victime, à 83 ans pour la plus âgée. Huit avaient moins de 18 ans, 118 avaient entre 25 et 34 ans, et 94 avaient entre 35 et 44 ans, soit la grande majorité. Seules 20 étaient des femmes, les 365 autres sont des hommes.

L'analyse du Washington Post met également en lumière l'origine des fusillades: dans la moitié des cas, la police américaine répondait à un appel d'urgence, très souvent pour des violences domestiques. Quelque 92 victimes, soit un quart des personnes tuées, souffrait par ailleurs d'une maladie mentale.

Trois policiers poursuivis depuis janvier

Aux Etats-Unis, la police est autorisée à faire feu et à tuer dès lors que la vie d'un agent ou celle d'autrui pourrait être en danger. Jusqu'à présent, entre janvier et mai, trois policiers ont été poursuivis pour homicide, sur les 385 cas recensés de morts par balles, soit moins d'un 1%.

Le dernier cas en date est celui de Walter Scott, 50 ans, qui avait pris la fuite à pied lors d'un banal contrôle de police, en Caroline du Sud. Père de famille noir, l'homme, plutôt corpulent, craignait d'être inquiété pour des retards de pensions alimentaires. Il avait été abattu de huit coups de feu dans le dos par un policier blanc, Michael Thomas, qui a été suspendu depuis.

Alexandra Gonzalez