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N'ayez pas peur, l'avion reste le moyen de transport le plus sûr

Le vol MS804, un airbus A320 immatriculé SU-GCC, a disparu dans la nuit du 18 au 19 mai, alors qu'il effactuait un vol Paris-Le Caire. (Photo d'illustration)

Le vol MS804, un airbus A320 immatriculé SU-GCC, a disparu dans la nuit du 18 au 19 mai, alors qu'il effactuait un vol Paris-Le Caire. (Photo d'illustration) - Bernal Saborio - Flickr - CC ; montage BFMTV

INFOGRAPHIES - Les apparences pourraient faire croire qu'il n'est plus sûr de voyager en avion, mais il n'en est rien. Malgré les tragiques accidents récents, l'avion reste un moyen de transport extrêmement sûr. Mieux: il est de plus en plus sûr année après année.

La disparition du MH370, cet autre avion de la Malaisia Airlines abattu au-dessus de l'Ukraine, le vol AH5017 qui s'écrase dans le désert malien, l'Airbus de la Germanwings précipité dans les Alpes par un pilote suicidaire, une bombe qui fait exploser le vol de Metrojet au-dessus du Sinaï... Et maintenant la disparition de ce vol MS8040 d'EgyptAir entre Paris et Le Caire.

Pas besoin d'être phobique de l'avion pour ne pas se sentir rassuré au décollage alors que ces crashs très médiatisés se sont produits en l'espace de seulement deux ans. La question qui s'impose alors est évidente: est-il devenu plus dangereux de prendre l'avion? La réponse est non.

De plus en plus de passagers, de moins en moins de morts

L'exposition médiatique de ces drames aériens a tendance à masquer les faits mais les chiffres sont formels: il est de plus en plus sûr de voyager en avion. Alors que le nombre de passagers aériens bat des records chaque année depuis 2004 (il a même doublé depuis cette époque), le nombre global d'accidents ne cesse, lui, de descendre. Et avec lui, le nombre de morts.

(sources: World Bank ; Bureau of Aircraft Accidents Archives)

Le trafic aérien s'est largement démocratisé depuis les années 70, il a même été multiplié par 10. En 2016, 3,6 milliards de passagers seront convoyés par voie aérienne, selon l'association internationale du transport aérien. Le nombre de morts, qui était alors fréquemment de 2.000 ou plus, n'est plus repassé au-dessus de la barre des 1.500 depuis 14 ans. En 2013, chose qui n'est jamais arrivée depuis le début de l'aviation de masse, seules 459 personnes ont perdu la vie en avion. C'est seulement quatre fois le nombre d'attaques de requins qui se sont produites la même année (il se monte à 97).

Paradoxalement, les crashs y sont pour quelque chose, car chacun d'entre eux contribue à améliorer la sécurité aérienne. Bien souvent, une fois les causes d'un accident avérées, on en tire les conclusions qui s'imposent pour éviter qu'il ne se reproduise. C'est comme ça que sont nées les règles de hiérarchie dans le cockpit (catastrophe de Ténérife, 1977), l'interdiction d'embarquer un bagage dont le propriétaire ne se trouve pas sur le vol (attentat d'AirIndia, 1985), et que les sondes Pitot défaillantes ont été remplacées (crash du vol Rio-Paris, 2009).

1 passager d'avion pour 783 motards

Par rapport aux autres moyens de transport, l'aviation se porte aussi très bien. On mesure leur sécurité en "nombre de morts par milliard de passagers au kilomètre". Qu'est-ce que ça signifie? Prenons un milliard de passagers d'un même moyen de transport: on leur fait parcourir un kilomètre et on compte les morts. Virtuellement, ça reste un calcul théorique.

Selon cet indicateur, l'avion est plus sûr que le train, le bus, la voiture et les deux-roues. Mais il n'est pas seulement le plus sûr, il est le plus sûr de très, très loin. Tellement loin qu'on n'arrive même pas à le distinguer sur le graphique.

(source: European Railway Agency)

Il faut faire parcourir, dans un avion, 16 kilomètres à un milliard de passagers pour qu'un seul ne meure. Sur la même distance, 2 passagers de train, 3 passagers de bus, 50 automobilistes et 783 motards sont déjà morts. La probabilité est donc infime. Ces données de l'European Railway Agency se basent sur la période 2008 à 2012 dans les 27 pays de l'Union européenne.

L'Airbus A320, un modèle fiable

L'aviation, réputé le moyen de transport le plus sûr au monde, produit néanmoins des catastrophes tragiques. Qu'en est-il de l'Airbus A320? Si l'on est convaincu que l'aviation en général n'est pas si meurtrière, peut-être reste-t-il des doutes concernant l'avion lui-même.

L'appareil, qui a volé pour la première fois en 1987, est lui aussi réputé extrêmement fiable. Pourtant, on remarque qu'il est impliqué dans la disparition du vol MS804, mais aussi le crash de la Germanwings en 2015 ou même d'AirAsia en 2014. 

Au total, en presque 30 ans de service, ce modèle a été impliqué dans 68 accidents, et dans la majorité des cas, ce n'était pas des accidents mortels. Même si l'on ne retient que le nombre de morts, on constate qu'il pèse peu, chaque année, dans le total des morts en avion.

(données Aviation Safety Network)

Ces données sont à mettre en perspective. Comme le relève Les Décodeurs du Monde, seule une partie des accidents de l'aviation sont dus à un problème technique. La grande majorité est imputable à une erreur humaine. De plus, Airbus, et surtout son A320 et ses déclinaisons, représente une importante part du marché des avions commerciaux? Pourtant, la part de morts reste réduite.

Si vous voyez votre avion s'avancer sur la piste et que vous reconnaissez les petits ailerons caractéristiques de l'A320 au bout de ses ailes, pas de panique. Vous êtes entre de bonnes mains: sur les 6.979 unités qui ont été livrées depuis le début de la production, 6.531 volent encore actuellement. Et ne se sont jamais crashées.