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Turquie: Erdogan élu président dès le premier tour

Recep Tayyip Erdogan, le 22 juilllet 2014.

Recep Tayyip Erdogan, le 22 juilllet 2014. - -

Les résultats créditent Recep Tayyip Erdogan de 52,1% des suffrages.

Le Premier ministre islamo-conservateur Recep Tayyip Erdogan a été élu dimanche président dès le premier tour d'un scrutin disputé pour la première fois au suffrage universel direct, ont confirmé les télévisions après dépouillement de la quasi-totalité des bulletins de vote.

Sitôt connus ces résultats qui le créditent de 52,1% des suffrages, Recep Tayyip Erdogan, au pouvoir depuis 2003, s'est dirigé à la mosquée historique Eyüp Sultan d'Istanbul pour prier, comme le faisaient les sultans ottomans avant de monter sur le trône, selon ces chaînes.

Cette victoire constitue un succès personnel pour Recep Tayyip Erdoga, qui rejoint ainsi le père fondateur de la République moderne et laïque, Mustafa Kemal Atatürk, parmi les dirigeants les plus emblématiques du pays.

Candidat commun de l'opposition social-démocrate et nationaliste, Ekmeleddin Ihsanoglu, un historien réputé de 70 ans qui a dirigé l'Organisation de la coopération islamique (OCI), a réuni quelque 39% des suffrages, alors que celui de la minorité kurde, Selahattin Demirtas, n'en a rassemblé que près de 9%.

Populaire malgré les critiques et les scandales

Grand favori de ce scrutin, Recep Tayyip Erdogan a déjà fait savoir qu'il conserverait les rênes de la Turquie depuis la présidence, dont il veut considérablement renforcer les prérogatives au prix d'une réforme de la Constitution.

"Le président élu et le gouvernement élu oeuvreront main dans la main", a souligné dimanche le chef du gouvernement en glissant son bulletin dans l'urne dans un bureau de vote d'un quartier de la rive asiatique d'Istanbul.

Sans surprise, Recep Tayyip Erdogan a facilement pris le dessus sur ses deux rivaux, au terme d'une campagne qu'il a écrasée de ses diatribes, de la puissance financière de son Parti de la justice et du développement (AKP) et de son emprise sur les médias du pays.

Ekmeleddin Ihsanoglu, qui n'a pu lui opposer que son image de grand père rassurant mais sans relief, a dénoncé dimanche une "campagne injuste et disproportionnée" de son rival mais sans parvenir à susciter le sursaut des "masses silencieuses" qu'il espérait.

Quant au candidat des kurdes, un avocat de 41 ans au sourire photogénique, il n'a pas réussi à mordre au-delà de cette communauté de 15 millions d'âmes.

Toujours populaire malgré les critiques et les scandales, le Premier ministre est, lui, parvenu à mobiliser largement ses troupes.