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Retour à la normale en un temps record à l'aéroport d'Istanbul

Le trafic est revenu à la normale jeudi à l'aéroport international Atatürk d'Istanbul, touché par un triple attentat-suicide mardi.

Les enquêteurs ont assuré avoir fini leur travail très rapidement. Si bien que, cinq heures après le triple attentat-suicide qui a fait au moins 41 morts, le trafic a repris mercredi à l'aéroport international Atatürk d'Istanbul.

Dès mercredi matin, des ouvriers étaient à pied d'œuvre pour réparer les faux plafonds. En quelques heures, les vitres soufflées par l'explosion remplacées ont été remplacées par des plaques en bois mais discrètes.

Il ne reste que très peu de stigmates de ces explosions. "Dans le hall d'entrée du terminal international, rien visiblement n'apparaît qui soit lié à cette attaque", décrivait jeudi matin l'envoyé spécial de BFMTV, Igor Sahiri. Il juge aussi "stupéfiant" le peu de présence policière dans cet aéroport réputé comme étant l'un des plus sécurisés.

Aucun vol n'est annulé jeudi et les flux de taxis et de bus continuent d'arriver à l'endroit même où une explosion retentissait mardi soir. A l’intérieur du hall, quelques palissades amovibles frappées du mot "maintenance" entourent le lieu de l’explosion et masquent imparfaitement les destructions. 

"Demain ce sera oublié"

L'employé d’un café de l’aéroport, témoin des attentats mardi, racontait au Monde mercredi avoir préféré passer la nuit sur place pour reprendre son poste le matin. "J’ai entendu les explosions et les tirs hier. Deux ont eu lieu ici au premier niveau. Tout est en train de revenir à la normale, c’est mieux comme ça. Demain ce sera oublié", expliquait-il.p

Impressionné par des employés de retour à leur poste quelques heures après les attaques, un journaliste de RTL.be leur a demandé comment ils arrivaient à travailler aussi vite. Ils lui ont répondu être "malheureusement habitués à ce genre de choses" et avoir déjà connu trois attentats à Istanbul cette année.

En comparaison, la reprise du trafic avait pris plusieurs jours à l'aéroport Bruxelles-Zaventem après l'attentat survenu en mars; et il n'était pas revenu à la normale avant plusieurs semaines.

La résilience serait-elle plus grande en Turquie ou ne serait-ce qu'une question d'habitude? Le facteur économique est aussi primordial. Depuis un an, des attentats à Istanbul et Ankara ont fait près de 200 morts et des milliers de blessés et ont sinistré une industrie qui est l'un des grands pourvoyeurs de devises de l'économie turque, avec près de 30 milliards d'euros par an.

Atatürk a dépassé en 2015 l'aéroport de Francfort pour lui ravir, avec un trafic de 61,3 millions de passagers, la place de troisième aéroport le plus important d'Europe, après Londres-Heathrow et Paris-Roissy Charles de Gaulle, selon Airports Council International (ACI) qui compte 500 membres en Europe dont Atatürk.

Son principal client, Turkish Airlines (THY) est en pleine croissance. La compagnie, qui dessert 284 aéroports dans 113 pays, a enregistré en 2015 des résultats records, avec une hausse de 19% de son chiffre d'affaires, à 8,9 milliards d'euros, et un bénéfice net en progression de 65%. 

K. L.