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Erdogan affirme qu'il laissera les frontières de l'Europe ouvertes aux migrants

Le président turc Recep Tayyip Erdogan lors d'un meeting à Ankara, le 26 février 2020

Le président turc Recep Tayyip Erdogan lors d'un meeting à Ankara, le 26 février 2020 - Adem ALTAN / AFP

Après un regain de tensions en Syrie et la crainte d'une nouvelle escalade, plusieurs milliers de migrants auraient franchi la frontière turque depuis vendredi d'après les autorités locales.

La Turquie maintiendra ses frontières avec l'Europe ouvertes pour permettre aux migrants de passer, a affirmé ce samedi le président turc, reprochant à l'Union européenne de ne pas suffisamment aider Ankara à porter le fardeau et estimant que son pays ne pouvait pas "faire face" à une nouvelle vague de réfugiés syriens.

"Nous n'allons pas fermer les portes", a déclaré Recep Tayyip Erdogan, affirmant que 18.000 migrants avaient déjà franchi celles-ci pour traverser vers l'Europe depuis vendredi, un chiffre impossible à confirmer.

Cette annonce intervient après des attaques attribuées au régime syrien par Ankara qui ont fait 33 morts jeudi parmi les rangs de l'armée turque dans la région d'Idleb, au nord de la Syrie. En représailles, la Turquie a bombardé des positions du régime de Bachar al-Assad, dans la nuit de jeudi à vendredi, faisant craindre une escalade et un nouveau désastre humanitaire.

4000 migrants repoussés à la frontière grecque

Ce samedi, le porte-parole du gouvernement Stelios Petsas a annoncé que la Grèce avait empêché 4000 migrants venant de Turquie d'entrer "illégalement" sur son territoire.

"La Grèce a été confrontée vendredi à une tentative organisée, de masse et illégale de violation de nos frontières et l'a surmontée", a-t-il déclaré. "Nous avons protégé nos frontières et celles de l'Europe. Nous avons empêché plus de 4000 tentatives d'entrées illégales à l'intérieur de nos frontières", a-t-il affirmé.

Selon Stelios Petsas, 66 arrestations ont été effectuées à la frontière terrestre de la région d'Evros, où des milliers de migrants, encouragés par l'annonce du gouvernement turc, se sont rendus pour tenter de passer en Grèce. Il y avait quelque 4000 migrants et réfugiés samedi matin au poste frontière de Kastanies, selon une source policière grecque, contre 1200 la veille. 

"Le chantage (du président turc) Erdogan ne marchera pas", a en outre déclaré le vice-ministre des Affaires Etrangères Miltiadis Varvitsiotis. "Nous ne tolérerons aucune entrée illégale", a-t-il assuré sur Skai TV.
Me.R. avec AFP