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Syrie: Netanyahu tire sur une ligne rouge iranienne, Obama approuve

Des soldats israéliens près de la frontière syrienne, dimanche 5 mai.

Des soldats israéliens près de la frontière syrienne, dimanche 5 mai. - -

En seulement 48 heures, Israël a mené deux raids aériens en Syrie, contre des armes destinées au mouvement libanais du Hezbollah. Pour Obama, "Israël a le droit de se protéger d'un transfert d'armes".

Le gouvernement d'Israël ne dément aucunement tout ce que l'on dit sur ses frappes. C'est même lui qui fuite délibérément des éléments à la presse.

L'aviation israélienne a tiré deux fois, avant l'aube, le vendredi et le dimanche, sur des cibles autour de Damas que l'on pense être des entrepôts de missiles.

Missiles iraniens destinés au Hezbollah

Ce dimanche, l'on comprend clairement: il s'agit de missiles iraniens, genres de SCUD améliorés, appelés Fateh. On a pu croire un court moment à des obus chimiques. Les missiles iraniens seraient en fait simplement réceptionnés par le régime d'Assad. Le but étant de les transférer au Hezbollah libanais présent sur le sol syrien, qui les aurait rapportés au Liban.

Le Hezbollah avait déjà une dizaine de dérivés iraniens de SCUD. Mais voici qu'avec ces livraisons, il en aurait plusieurs douzaines. Ces missiles peuvent porter à 300 kilomètres. Un tir depuis le Liban peut donc atteindre la quasi-totalité du territoire israélien, ce qui est une menace immense.

Certes, Assad en avait ses propres missiles, mais il ne s'était jamais avisé de les lancer contre Israël- entre Assad et l'État hébreu c'était la glaciation hostile dans le respect du statu quo.

Feu vert des Etats-Unis

La doctrine israélienne est simple: tout ce qui change l'équilibre stratégique est interdit. Aucun changement d'armement ne doit être toléré, s'il modifie la "règle du jeu".

Le gouvernement israélien, qui semblait un moment ne pas trop se soucier des excès de Bachar al-Assad, est maintenant inquiété par ces missiles iraniens en route pour le Liban via le territoire d'Assad. Et aujourd'hui, Obama a explicitement rallié Netanyahu: "Il est justifiable que les Israéliens cherchent à se protéger contre le transfert d'armes sophistiquées à des organisations terroristes comme le Hezbollah". En langage diplomatique, c'est un feu vert total.

La ligne rouge commune: un Iran nucléarisé

Nous vivons l'époque des "lignes rouges". Obama, Hollande, Cameron, ont tous trois dit que si Assad utilisait des armes chimiques, cela marquerait le franchissement de la ligne rouge, au-delà de laquelle ils utiliseraient la force. Mais voici que les SCUD iraniens ne sont pas chimiques, mais tirés en même temps et par douzaines sur Israël, renforçant ainsi les chances de l'atteindre. C'est la ligne rouge numéro 1 d'Israël.

Ni Washington, ni Paris, ni Londres, ni Jerusalem, ne peuvent tolérer que les Mollahs de Téhéran atteignent le seuil de la production de l'arme nucléaire. C'est la ligne rouge internationale. Or cette ligne se rapproche. La frappe américaine et/ou israélienne s'apprête à détruire les sites nucléaires d'Iran.

Nous voici donc avec la clé de l'affaire des frappes israéliennes: le régime des Mollahs veut que le Hezbollah ait ces nouveaux SCUD. Leur plan: le mouvement chiite libanais lancerait les SCUD contre Israël si l'aviation israélienne et/ouou américaine frappaient les sites nucléaires iraniens. C'est ce que Netanyahu ne peut laisser survenir. Alors il a frappé ces SCUD irano-hezbollahi par autodéfense anticipée. Il a portégé deux lignes rouges en même temps, ce qui est plutôt fort, stratègiquement parlant.

Harold Hyman