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Syrie: l'ex-otage belge libéré dimanche dédouane le régime

Le Belge Pierre Piccinin, enlevé en Syrie et libéré dédouane Bachar al-Assad, dans une déclaration.

Le Belge Pierre Piccinin, enlevé en Syrie et libéré dédouane Bachar al-Assad, dans une déclaration. - -

Le Belge Pierre Piccinin, enlevé en Syrie et libéré dimanche avec le journaliste italien Domenico Quirico, a affirmé ce lundi que le gaz sarin n'avait pas été utilisé par le régime de Bachar al-Assad.

"Ce n'est pas le gouvernement de Bachar al-Assad qui a utilisé le gaz sarin ou autre gaz de combat dans la banlieue de Damas" a déclaré, ce lundi, sur RTL-TVI, l'ex-otage belge, Pierre Piccinin, libéré ce dimanche. La déclaration a cependant été accueillie avec prudence par le chef de la diplomatie belge, Didier Reynders.

Egalement interrogé sur BFMTV, Pierre Piccinin a réitéré cette affirmation mais sans donner de détails sur les circonstances ou les auteurs de cette conversation qu'il dit avoir surprise. Longtemps favorable au régime de Bachar al-Assad, l'ex-otage a affirmé que "depuis mai 2012 [il soutenait] férocement l'armée syrienne libre dans sa juste lutte pour la démocratie".

"Qui va-t-on soutenir maintenant? C'est trop tard"

"Qui soutenir maintenant ? J'ai longtemps plaidé pour qu'on soutienne l'Armée syrienne libre, c'étaient des officiers sérieux qui désertaient l'armée du régime pour encadrer la révolution, et lui donner un élan démocratique et laïque. On n'a pas soutenu ces gens ; on a laissé des myriades de mouvements islamistes soutenus par des monarchies du Golfe prendre le dessus. On a laissé cette armée libre à l'abandon et, dans la déliquescence, elle a formé une série de groupes de bandits. Qui va-t-on soutenir maintenant ? C'est trop tard", a-t-il dit sur la RTBF.

Le ministre belges des affaires étrangères, Didier Reynders, a réagi sur RTL-TVI, en disant: "Nous allons écouter ses déclarations, les lire, et ensuite on verra ce qu'on pourra en tirer comme conclusions". Le ministre a ensuite souligné le fait que la Belgique avait déconseillé à Pierre Piccinin de se rendre en Syrie. "Je me réjouis de l'issue heureuse, en particulier pour lui et pour sa famille, mais on ne peut que rappeler ce conseil de ne pas aller sur le terrain en Syrie. On se pose la question de savoir pourquoi des personnes se rendent dans des lieux aussi dangereux", a-t-il déclaré.

Professeur dans un lycée de Philippeville, dans le sud de la Belgique, Pierre Piccinin était un habitué des voyages dans le monde arabe. Au moment de son enlèvement, il effectuait son septième voyage en Syrie depuis le début des troubles en 2011.

A.-L.B avec AFP