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Syrie: Bachar al-Assad décrète une "amnistie générale"

Bachar al-Assad, le 8 mars 2014.

Bachar al-Assad, le 8 mars 2014. - -

Le président syrien a décrété une "amnistie générale" pour tous les "crimes", qui, si elle est réellement appliquée, pourrait concerner des dizaines de milliers de prisonniers.

Le président syrien Bachar al-Assad a annoncé lundi, une semaine après sa réélection controversée, la plus large amnistie depuis le début de la révolte en 2011 et qui devrait concerner, si elle est appliquée intégralement, des dizaines de milliers de prisonniers.

Voulant se présenter, maintenant qu'il a été réélu pour un nouveau mandat de sept ans, comme le champion de la "réconciliation" et de la main tendue, Bachar al-Assad a décrété, selon la télévision d'Etat, une "amnistie générale" pour tous les "crimes" commis jusqu'à ce lundi.

Il s'agit, si elle est appliquée intégralement, de la plus large amnistie annoncée depuis le début du conflit le 15 mars 2011, déclenché par un mouvement de contestation pacifique qui, après avoir été réprimé dans le sang, a dégénéré en rébellion.

"Ce n'est pas un cadeau du régime"

Elle concerne pour la première fois des crimes figurant dans la loi sur le "terrorisme" de juillet 2012. Les amnisties précédentes avaient exclu les "terroristes" et les "criminels en fuite". Le régime, qui n'a jamais reconnu l'ampleur de la contestation, accuse les rebelles d'être des "terroristes à la solde de l'étranger" qui cherchent à semer le chaos dans le pays.

Selon un juriste et militant des droits de l'Homme à Damas, l'amnistie devrait concerner les personnes déjà jugées et celles, bien plus nombreuses, croupissant sans procès dans les centres de détention des services de renseignement du régime.

C'est également la première fois que le régime offre une amnistie aux combattants étrangers qui se rendent d'ici trois mois.

"Cette amnistie est le droit le plus élémentaire pour des gens dont la détention est contraire à la liberté d'opinion. Ce n'est pas un cadeau du régime", a réagi l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH).

Effet d'annonce?

Plus de 100.000 personnes sont détenues en Syrie, dont 18.000 considérées comme des disparus, leurss familles ignorant tout de leur sort. "Est-ce que les listes [de la nouvelle amnistie] concerneront ces gens-là"? demande l'OSDH.

Lors des quatre précédentes amnisties, les organisations de défense des droits de l'Homme avaient affirmé qu'en dépit des décrets, beaucoup de détenus n'avaient jamais retrouvé la liberté.

Citant le ministre de la Justice, la télévision d'Etat a indiqué que cette initiative intervenait "dans le cadre de la réconciliation et de la cohésion (...) après les victoires de l'armée syrienne" sur le terrain.

V.R. avec AFP