BFMTV
Israël

L'ancien président israélien Shimon Peres est mort

L'ancien président israélien et prix Nobel de la Paix Shimon Peres est mort à l'âge de 93 ans.

Il était le dernier homme politique de la génération des pères fondateurs d'Israël encore en vie. Shimon Peres est mort à l'âge de 93 ans dans la nuit de mardi à mercredi a indiqué à l'AFP son médecin personnel Rafi Walden. Ses obsèques auront lieu vendredi. 

Il avait été hospitalisé jeudi pour des problèmes cardiovasculaires à l'hôpital Sheba Tel Hashomer, près de Tel Aviv, et opéré pour la pose d'un cathéter à une artère. Son médecin personnel avait affirmé que son état était "excellent". À plus de 90 ans, il était d'ailleurs réputé pour sa vitalité et son hygiène de vie.

Une longue carrière politique

Né le 2 août 1923 à Wiśniew (Biélorussie, à l'époque en Pologne) sous le nom de Szymon Perski, il avait émigré avec sa famille vers Tel Aviv à l'âge de 11 ans. Après des études dans une école agricole, il s'enrôle dans l'organisation paramilitaire Haganah en 1947, un an avant qu'elle ne devienne l'armée de défense officielle d'Israël, Tsahal. Il en devient par la suite un des dirigeants.

En 1953 il est nommé directeur général du ministère de la Défense. Sa visite en France l'année suivante marque le début d'une étroite coopération entre les deux pays, notamment en matière de renseignement militaire. Il prend par la suite la tête de différents ministères avant de devenir ministre de la Défense dans le gouvernement de Yitzhak Rabin, de 1974 à 1977.

Il est élu pour la première fois à la Knesset, le Parlement israélien, en 1959. S'il n'a jamais mené son Parti travailliste à une victoire aux élections, il occupe à trois reprises le poste de Premier ministre, par intérim et dans un gouvernement de coalition.

Artisan de la paix au Moyen-Orient

Ministre des Affaires étrangères entre 1986 et 1988, puis de 1992 à 1995, il tente à chaque fois de régler la question palestinienne. Il essaie ainsi de lancer des négociations sur l'avenir des territoires occupés avec l'Organisation de libération de la Palestine (OLP) de Yasser Arafat, mais sans succès.

Le 13 septembre 1993, les photographes immortalisent une poignée de main historique entre Yitzhak Rabin, Premier ministre d'Israël, et Yasser Arafat, sous le regard du président américain Bill Clinton. Ce geste marque le début des accords d'Oslo, tentative de processus de paix israélo-palestinien, dont Shimon Peres est l'un des plus actifs négociateurs. Ce travail lui vaudra de recevoir le prix Nobel de la Paix en 1994, en même temps que Rabin et Arafat.

Malgré l'échec des accords, Peres continue son combat pour la paix et fonde en 1996 le Peres Center for Peace, une organisation qui vise à "renforcer les liens entre Israël et ses voisins, ainsi qu'entre Juifs et Arabes en Israël". Pour autant, l'ancien ministre de la Défense garde une position officielle et soutient le droit d'Israël à une politique de sécurité, sans reconnaître la notion d'une occupation israélienne.

À la retraite depuis 2014

Battu lors de l'élection présidentielle de 2000, à la surprise générale, il est finalement élu au poste par la Knesset lors de l'élection suivante sept ans plus tard. C'est à la fin de ce septennat que Shimon Peres prend officiellement sa retraite politique, le 24 juillet 2014. Il avait par la suite continué ses activités au sein de son organisation pour la paix. En septembre 2014, une vidéo humoristique le montrait d'ailleurs décidé à poursuivre cette mission.

Shimon Peres était père de trois enfants, une fille et deux fils nés de son union avec Sonya Gelman, morte en 2011.

Hélène Millard